Gilles Cadieux L’enseignant engagé

Gilles Cadieux & Micheline Boisselle. ©Courtoisie

À travers le Québec, les arénas sont nombreux et pour la plupart, ils portent le nom de la ville, d’un politicien, d’un joueur de hockey ou d’un patineur célèbre. Dans notre village, notre aréna porte le nom d’un simple citoyen qui par ses efforts constants a fait en sorte que les jeunes du coin aient accès aux bienfaits du sport. Je vous relate ce mois-ci l’histoire de Gilles Cadieux.

La famille Cadieux est originaire d’Alfred, un petit village non loin de Montebello où ils étaient propriétaires du magasin général – un commerce qui fonctionnait très bien. Le père de Gilles, Rolland Cadieux, est alors associé avec son propre père, Henri Eugène Cadieux. En 1937, ils apprennent qu’un édifice abritant un magasin général est à vendre à Saint-Jovite.

Les Cadieux pensent qu’il est temps de se développer puisque la famille s’agrandit. Henri Eugène se rend sur place et offre 8 500 $ comptant – somme qu’il a cachée dans ses souliers – pour la bâtisse qui existe encore au coin des rues de Saint-Jovite et Charbonneau. Les parents de Gilles se marient en 1940 et emménagent au deuxième étage. Ils exploiteront le magasin général au premier étage.

Gilles naît en 1941 et sa sœur Francine en 1943. Rolland rachète le commerce en 1951 et le transforme en deux entités distinctes : « Mode Rolland Cadieux » et « Western auto supply ».

Rolland est un grand ami de mon père Charles et tous deux font partie d’équipes de baseball et de softball. Ils pratiquent des basses Laurentides jusqu’à Rivière-Rouge voire Mont-Laurier. Ces parties de balles étaient très populaires et des familles entières venaient y assister. C’était l’occasion de faire des pique-niques, des balades à vélo ou des promenades en forêt.

Inséparables, Gilles et moi étions les « bats boys ». Nous étions tellement heureux d’accompagner nos pères et de faire partie de leur univers d’adultes.

Gilles est un bon athlète ; il est bon au hockey, à la balle molle, au baseball, et peut facilement skier sur toutes les pistes de ski. Il est aussi un bon joueur de tournois. Gilles poursuit ses études au collège Roussin et ensuite à l’université d’Ottawa où il obtient un diplôme en commerce. De retour à la maison, il doit faire un choix ; reprendre le commerce familial où se diriger vers l’enseignement. Et ce seront les élèves du village qui en sortiront gagnants puisqu’il choisira l’enseignement.

Gilles fait la rencontre de Micheline Boisselle, également enseignante, et ils se marient en 1968. Ils auront deux filles, Sylvie et Josée qui deviendront également enseignantes. Micheline et Gilles forment une équipe du tonnerre. Pendant 30 ans, ils organiseront des journées de ski alpin pour leurs étudiants dans les différents centres de ski de la région.

Gilles est convaincu qu’offrir aux jeunes un accès à un mode de vie sain ne peut qu’avoir des répercussions positives pour leur vie. Il s’est engagé à aider ses étudiants à se frayer un chemin dans leur existence grâce à l’outil magique qu’est le sport.

Gilles nourrit un rêve pour son village : une patinoire couverte à l’abri des intempéries. Un aréna, où jeunes et moins jeunes pourraient bénéficier d’horaires établis, beau temps mauvais temps. Gilles mène une campagne auprès des politiciens et des citoyens influents du coin. Il pousse, il tire, il manœuvre pour que le village ait enfin son aréna. Et lorsque le rêve devient réalité en 1974, il en laisse le mérite à tous ceux qui ont participé à la réalisation du projet et refuse même que l’aréna porte son nom. Il accepte cependant que la rue se nomme Cadieux.

En 2017, quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre que le conseil municipal – avec en tête le maire Luc Brisebois – venait de décider à l’unanimité, et à son insu, de donner son nom à l’aréna. C’est à l’occasion d’une cérémonie, à laquelle il était convié à l’aréna, qu’il découvrira l’hommage qui lui est rendu.

En fait, c’est Gilles qui fait honneur à notre village. L’enseignant engagé, l’organisateur et promoteur de projet a dédié sa vie au rayonnement de notre jeunesse. Encore récemment, il était présent à l’aréna lors du tournoi provincial de hockey Peewee.

Bravo mon chum, tu as été, tu es et tu seras toujours un modèle de détermination pour nous tous. Ne lâche rien Gilles.

 

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Peter Duncan

 

Peter Duncan93 Posts

Membre de l’équipe canadienne de ski alpin de 1960 à 1971, skieur professionnel de 1971 à 1979 et champion américain en 1965, Peter Duncan a participé aux Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck ainsi qu’à ceux de 1968 à Grenoble. Intronisé au Temple de la renommée du ski au Canada, au Panthéon des sports du Québec et récipiendaire de la médaille du gouverneur général, Peter a longtemps été commentateur de ski à la télévision./ Peter Duncan is a Canadian former alpine skier who competed in the 1964 and the 1968 Winter Olympics. He was named to the Canadian National Alpine Team in 1960 at the age of 16 and competed at the national level for the next 10-years until 1970 before retiring.

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