Le piquant porc-épic

Protégé par une armure de 30 000 poils rigides et piquants, le porc-épic d’Amérique n’est pas pour autant à l’abri de tous les dangers. En cas de menace, ce gros rongeur tourne le dos à son adversaire, hérisse les épines de sa croupe et donne de vigoureux coups de queue. Les épines se détachent si facilement qu’on a la fausse impression qu’il les lance.

Leur pointe n’est pas venimeuse, mais elle est garnie de minuscules barbillons qui s’écartent au contact de la chair chaude et humide et s’enfoncent graduellement dans le corps de la victime. Quasi inextirpables, les épines laissent un douloureux souvenir.

Pour renouveler ses épines, le porc-épic suit un régime végétarien riche en minéraux.

Il ronge l’écorce des arbres, broute les bourgeons et les feuilles et consomme une variété de baies et de noix. Particulièrement friand de sel, il fréquente le bord des routes attiré par la végétation couverte de sels de déglaçage, au risque d’être frappé par une voiture. Il s’approche aussi des campements pour ronger le contreplaqué et les manches d’outils imprégnés de sueur.

Bon nageur, le porc-épic raffole des plantes aquatiques. Il grimpe aux arbres aidé de ses fortes griffes et de sa queue semi-préhensile. Actif toute l’année, il s’abrite sous un amas de pierres, un arbre déraciné, dans une crevasse ou un arbre creux.

Sa démarche lourdaude attire l’attention des prédateurs. Le lynx, le loup, le coyote, le renard, le grand-duc et l’aigle royal réussissent parfois à déjouer cette proie, mais à ce titre, le pékan reste le plus efficace. D’une attaque rapide au visage, l’habile chasseur désoriente et affaiblit le porc-épic, le retourne sur le dos d’un coup de patte bien placé et lui inflige une morsure fatale à l’abdomen, partie du corps dépourvue d’épines.

Puisqu’il ne produit qu’un seul petit par année et malgré son armure impressionnante, le porc-épic demeure l’une des créatures les plus vulnérables et fascinantes de la forêt nord-américaine.

Le porc-épic est en vedette à l’Animalium, musée zoologique à Mont-Tremblant, dans l’exposition consacrée à la faune de la forêt québécoise.

 

Du même auteur : Le plongeon huard, un symbole à protéger (Cliquez sur l’image)

 

Jacques Prescott71 Posts

Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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