Le plongeon huard, un symbole à protéger

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Le plongeon huard est l’un des symboles les plus représentatifs de la nature sauvage canadienne. Sa silhouette orne les pièces d’un dollar et l’Ontario en a fait son oiseau emblématique. Son cri, un ioulement plaintif additionné de trémolos et de hululements, résonne chaque été sur les lacs d’eau douce de la forêt boréale où l’oiseau nidifie.

Avec une envergure de 1,50 m et pouvant peser jusqu’à 8 kg, le plongeon huard est presque aussi gros qu’une oie et deux fois plus grand qu’un canard colvert. Les deux sexes ont un plumage noir et blanc identique, mais le mâle est deux fois plus gros que la femelle. Ses pattes étant situées vers l’arrière de son corps, le plongeon est plutôt malhabile sur la terre ferme.

La longueur relativement faible de ses ailes par rapport à son poids l’oblige à prendre un élan laborieux pour décoller. Mais c’est dans l’eau que le huard impressionne. Il peut plonger jusqu’à 70 m de profondeur et rester immergé plus de 10 minutes à la recherche de nourriture ou pour s’éloigner d’un danger.

En général, des plongées de moins de 2 minutes lui suffisent pour attraper les écrevisses, petits poissons et amphibiens dont il raffole. Il complète son menu avec des insectes, des plantes aquatiques et des sangsues.

Le nid du huard est un simple creux dans un imposant amas de végétation bâti sur un îlot, une hutte de rat musqué ou sur la rive tout près de l’eau, de sorte que l’oiseau n’a qu’à se laisser glisser sur le ventre pour y accéder ou retourner dans l’eau. La couvée de deux petits quitte le nid dès l’éclosion.

On les voit parfois sur le dos des adultes qui patrouillent leur territoire. Au cours des premières semaines, les oisillons sont très vulnérables et peuvent être victimes d’un goéland ou d’un grand brochet. Il faut éviter de les approcher de trop près, au risque de les séparer de leurs parents. Avec un peu de chance, ils pourront vivre une trentaine d’années.

Le plongeon huard est en vedette à l’Animalium, musée zoologique à Mont-Tremblant.

 

Du même auteur : L’écureuil gris au fil des saisons (Cliquez sur l’image)

 

Jacques Prescott83 Posts

Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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