L’audacieux mésangeai du Canada

Résident permanent de la forêt coniférienne et de la forêt mixte de la zone boréale nord-américaine, le mésangeai du Canada a été proposé comme oiseau emblème de notre pays. Il est peu farouche, robuste, et particulièrement intelligent.

En anglais, on l’appelle communément Whisky Jack, déformation de son nom algonquin « wiskedjak » qui signifie l’esprit espiègle.

Les adeptes du plein air connaissent bien cet oiseau téméraire qui se plaît à visiter les campings, à manger directement dans la main des randonneurs et à chaparder la nourriture laissée sans surveillance. Il fréquente aussi les mangeoires. Proche parent du corbeau, du geai bleu et de la corneille, le mésangeai est omnivore.

Il se nourrit d’arthropodes, de petits fruits, de charogne et pille allègrement les nids d’autres oiseaux. C’est un allié inconditionnel de l’orignal puisqu’il se pose parfois sur le dos du grand cervidé pour picorer les tiques gorgées de sang logées dans sa fourrure. Le mésangeai visite aussi les ravages d’orignaux et explore les litières encore chaudes à la recherche de tiques.

En été et en automne, le mésangeai profite de l’abondance de nourriture pour se constituer des réserves en prévision de l’hiver. Il peut cacher en une seule journée plus de 1 000 aliments différents; insectes, champignons, baies ou chair animale, sous l’écorce ou dans une cavité d’arbre.

Fait inusité, ses glandes salivaires produisent une substance collante dont il enduit ses aliments qui se collent alors aisément à l’écorce des arbres. Avec force cris, il chasse les intrus de son territoire pour protéger son butin.

Le nid du mésangeai est une épaisse plateforme de brindilles, de mousse et d’écorces garnie de duvet. Il est construit dans un conifère entre 2 et 9 mètres de hauteur. La nichée compte de 2 à 5 œufs qui éclosent au printemps très tôt. Les oisillons restent au nid trois semaines avant de prendre leur envol.

Bien que cet oiseau soit convoité par de nombreux prédateurs ; faucons, hiboux, corbeaux, martres et ratons-laveurs, ses populations sont en bonne santé. Notre audacieux mésangeai national devrait égayer nos hivers encore longtemps.

Profitez d’une visite à l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant, pour notamment découvrir la faune de la forêt boréale, de la toundra arctique et de la savane africaine.

 

Du même auteur : L’écureuil volant peut-il vraiment voler ? (Cliquez sur l’image)

 

Jacques Prescott61 Posts

Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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