Vivre en forêt

Citadins jusqu’au bout des ongles, Ariane Paré-Le Gal et Pascal Benaksas ont choisi d’extraire leurs racines du béton afin de les ancrer dans notre joli coin de pays. Ce jeune couple ne s’est toutefois pas limité à fuir la ville et ses tribulations. Il est parvenu à faire de la forêt… son expertise !

Aujourd’hui propriétaires de l’entreprise Gourmet Sauvage, créée il y a 25 ans par le coureur des bois Gérald Le Gal et papa d’Ariane, le couple se passionne pour les produits issus de la forêt boréale.

Devenu la référence des entreprises de cueillette et de transformation de produits alimentaires sauvages, Gourmet Sauvage endosse également un rôle éducatif en formant le public à l’identification, la cueillette et la cuisine des plantes sauvages.

Changement de cap

Avec deux carrières prometteuses et un sentiment d’appartenance indéniable à leur métropole, Ariane et Pascal ne caressaient aucunement le projet d’aller vivre à la campagne. Pourtant, un soir, Ariane proposa à Pascal de reprendre l’entreprise de son père avec elle. Celui-ci accepta sans sourciller.

« J’ai le souvenir précis d’un matin où j’accompagnais mes filles à la garderie. Il faisait froid et le trafic nous entourait, raconte Pascal. Les fumées de pots d’échappement se dirigeaient vers la poussette et je me suis demandé si c’était réellement ça que je désirais offrir à mes enfants. Alors, quand Ariane m’a parlé de son projet, j’ai su que le moment était venu. »

« On célèbre souvent la résilience de l’être humain, mais cette dernière peut parfois nous amener à tolérer l’inacceptable, poursuit Ariane. Je pense à des milieux de vie trop bondés, à un trop faible accès à la nature et où l’énergie est tout le temps dans le tapis. Avec du recul, je pense que c’est ce qui s’est passé. Nous ressentions un appel, mais pas nécessairement celui de la forêt », précise-t-elle.

Jeter l’ancre dans les bois

Une fois leurs valises posées sur leur nouvelle terre d’accueil, le couple ne laissa aucune place au doute et sut d’emblée ce qu’il leur fallait entreprendre.

« L’enracinement fut immédiat », admet Ariane, qui créa un jardin de permaculture à l’orée de la forêt où l’on retrouve plus de 80 variétés de plantes comestibles et médicinales. « Depuis ce moment, ça ne nous a jamais lâchés. »

Pour Ariane, cette nouvelle occurrence s’est révélée au travers de l’alimentation, des plantes, du jardinage, des petits moments magiques – beaucoup de petits moments magiques – et de la cueillette sauvage.

« Pour moi, c’est ça vivre en forêt, c’est créer de la magie, confie-t-elle. Ça peut se faire de 1 000 façons comme avoir un bain au beau milieu de la forêt, cuisiner une soupe sur le feu dans un gros chaudron de sorcière ou en construisant une maison de gnomes pour les enfants. »

La cueillette sauvage

La cueillette – et il en existe plein d’autres, soutient Ariane – serait selon elle un prétexte extraordinaire pour aller en forêt, « car nous sommes appelés à porter attention à tous les petits détails et notre compréhension du milieu devient toute autre, tout naturellement ».

« Ça nous amène à comprendre le rythme de la nature et on ressent une certaine intimité avec la plante que l’on cueille, observe Pascal. Le soir venu, on goûte à cette plante et on a une relation complète. Ensuite, quand on part courir en forêt, on se met naturellement à repérer les plantes, les champignons, etc. »

« La cueillette est un geste de survie ancestral et profondément ancré en nous, fait valoir Ariane. C’est aussi un geste sacré, car si tu prends la vie, tu te donnes la vie en prenant soin de toi. Ça nous amène à observer ce qui se passe autour de nous, à décoder les saisons. »

Forêt – Identifier, cueillir, cuisiner

Soulignons pour conclure que le livre « Forêt », rédigé par Gérald et Ariane, s’est vendu à plus de 15 000 exemplaires en seulement neuf mois. Paru aux Éditions Cardinal, ce guide d’identification des plantes comestibles du Québec, qualifié d’œuvre magistrale par Anne-Lovely Étienne du Journal de Montréal, contient plus de 100 références illustrées et autant de recettes pour apprêter les délices forestiers.

 

Guillaume Vincent249 Posts

Rédacteur et journaliste de profession, Guillaume Vincent a fait ses armes au sein de l’agence QMI. Il s’est joint au Tremblant Express en 2014. Promu en 2017, il y assume depuis le rôle de rédacteur en chef et directeur de la publication. / A writer and photojournalist by profession, Guillaume Vincent won his stripes in the QMI agency. He joined Tremblant Express in 2014. Promoted in 2017, he has been editor-in-chief and co-publisher since then.

0 Commentaires

Laissez un commentaire

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password