Sept jours de ski

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Je suis actuellement dans l’avion. Nous sommes sur le chemin du retour de Sun Peaks, en Colombie-Britannique. Nous y avons effectué un camp de ski fantastique. J’apprenais ce matin que la Colombie-Britannique y limite maintenant tout voyage non essentiel. J’imagine qu’un camp de ski hors province est considéré comme non essentiel. Notre fenêtre était donc parfaite.

Toutefois, je ne vous cacherai pas qu’organiser ce camp a été excessivement complexe et stressant. Tellement de contraintes et d’incertitude, afin que tout soit le plus sécuritaire. Nous devions prendre en compte les multiples protocoles de la santé publique et de la CNESST. Durant la préparation, on a dû gérer les convictions et attentes diverses des parents et participants.

À plusieurs moments, j’ai douté que ce voyage fût une bonne idée. J’ai le sentiment que les parents se sont engagés dans l’aventure en espérant que le club allait finir par l’annuler. De cette façon, ils n’auraient pas eu à faire le choix eux-même de retirer leur enfant du camp.

Je n’ai pas beaucoup dormi lors des quatre semaines précédant le départ. Je me réveillais le matin en me demandant : est-ce qu’on a oublié quelque chose dans notre protocole ? Est-ce que c’est vraiment raisonnable de partir ?

Quarantaine avant départ, test Covid, concept de grande bulle, de mini bulle, équipement de protection individuelle, prise de température journalière avec registre, masque, distanciation, équipement de protection en cas de covid dans le groupe, Plan A, B, C… Pour en ajouter une couche, à trois semaines du départ, la compagnie aérienne a annulé notre itinéraire.

Pendant sept jours, nous n’avions plus d’option de vol ! À ce moment, j’espérais presque qu’aucune solution ne soit trouvée et qu’on nous rembourse les dépôts du voyage. En fin de compte, quelques jours avant le départ, l’agence de voyages nous a trouvé un trajet acceptable nous permettant d’appliquer notre protocole Covid. Le fameux voyage allait donc avoir lieu. J’étais quasiment déçu.

Et si c’était à recommencer ?

Considérant que les jeunes n’ont pas skié depuis la mi-mars et que plusieurs ont vu leurs championnats provinciaux et nationaux être suspendus alors que pour la majorité, c’était leur objectif de saison. Considérant également que tous (incluant les entraineurs) ont grandement apprécié revenir à des activités presque normales l’espace de quelques jours.

J’ai vu des entraineurs et des athlètes tellement heureux et reconnaissants qu’on se soit donné tout ce mal. Ces quelques jours d’entrainement sur neige leur ont permis de se concentrer sur leur sport avant de retourner dans leur quotidien d’incertitude. Finalement, trois mois de planification pour sept jours de ski… Ça en valait pleinement le coût.

Donc la réponse est oui, je le referais à 100 %

Nos jeunes méritent que l’on fasse l’impossible afin de leur procurer un répit dans cette malheureuse époque. Pour cette période de sept jours, malgré le masque, le Purell, les bulles, tous avaient la même mission. S’entrainer à son sport !

 

Jocelyn Huot16 Posts

Entraineur Chef du Club de ski Mont-Tremblant Entraineur Niveau 4 certifié FESC / PNCE Niveau 3 de l'Alliance des moniteurs de ski du Canada Formateur pour Alpine Canada depuis 2007 Head coach of the Mont-Tremblant Ski Club Leve 4 FESC/PNCE – certified coach, Level 3 CSIA/AMSC – certified instructor

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