Réparateur : Métier d’antan ou profession d’avenir ?

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Alors que nos gouvernements se démènent pour mieux gérer les déchets en instaurant des écocentres régionaux et la collecte des matières organiques, la surconsommation de produits jetables est loin d’être réglée.

Puisqu’il revient au citoyen de réutiliser ou réparer ses objets désuets, et que cette tâche semble parfois insurmontable, nous avons cherché à mieux connaître les entreprises qui facilitent le réemploi : les réparateurs. Tremblant Express leur a demandé comment ils entrevoient l’avenir de leur métier, quels défis ils rencontrent et ce qu’ils pensent de l’obsolescence programmée.

La Recyclerie des Matériaux

À la Recyclerie des Matériaux, les travailleurs engagés par Inter Action Travail revalorisent des articles trouvés à l’écocentre de Sainte-Agathe-des-Monts, les nettoient, les réparent et les vendent dans le magasin ouvert au public.

La mission de cet organisme à but non lucratif est de « détourner de l’enfouissement les matériaux et autres objets suffisamment en bon état pour retrouver preneur », tout en créant de l’emploi localement. C’est un bel exemple d’économie circulaire, où les déchets des uns deviennent les ressources des autres.

Quarante ans d’ingéniosité

Toujours à Sainte-Agathe-des-Monts, la boutique Électro G.C., faute d’avoir trouvé de la relève, a fermé ses portes le 28 février dernier.

Le réparateur d’expérience Gilles St-Amour a pris sa retraite après avoir réparé des milliers de petits électroménagers pendant une quarantaine d’années. Sa spécialité était les aspirateurs et les petits outils, mais sa polyvalence et son ingéniosité ont impressionné sa clientèle à maintes reprises.

L’expertise J.Pitre Service

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Pour faire réparer leurs électroménagers, les Tremblantois peuvent compter sur J.Pitre Service qui œuvre dans le domaine depuis 1983. Cette entreprise familiale, qui crée de l’emploi pour sept personnes, remarque une hausse des réparations depuis de début de la crise.

Le service est toutefois ralenti par les mesures sanitaires à respecter, ce qui occasionne de plus longs délais. La chaîne d’approvisionnement en appareils neufs a aussi été affectée par la situation mondiale, ce qui vient renforcer le besoin de réparer les appareils existants.

Chez J.Pitre Service, on nous mentionne que la disponibilité des pièces est un facteur déterminant pour la durabilité des électroménagers. Pour certains modèles, les pièces sont discontinuées après dix ans, ce qui correspond à la période que doit obligatoirement respecter le fabricant.

Des modèles plus populaires ou plus anciens peuvent toutefois être réparés pendant plus de 30 ans, surtout lorsque des pièces standard sont toujours sur le marché. On y remarque aussi que les clients sont davantage portés à faire réparer un électro dont le prix d’achat est plus élevé, alors que les modèles bas de gamme ont tendance à être remplacés plus rapidement.

Le prix de l’obsolescence programmée

Tous les réparateurs nous l’ont affirmé : trouver de la main-d’œuvre qualifiée est le plus grand défi. Ce n’est pas l’ouvrage qui manque, même si les clients ne sont pas tous prêts à payer le juste prix d’une réparation. Et voilà un des problèmes centraux de notre système économique : il est trop souvent moins coûteux d’acheter neuf que de réparer.

En vendant un produit à bas prix et à courte durée de vie, les manufacturiers maximisent leurs profits et externalisent les coûts environnementaux. Et qui en paiera le prix ? Certainement les générations futures qui, elles, auront compris l’importance de concevoir des objets durables et facilement réparables.

 

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Geneviève Huchette

 

Geneviève Huchette47 Posts

Geneviève Huchette a grandi à Montréal et a complété un baccalauréat en agronomie à McGill. Après ses études et quelques voyages, elle a atterri à Mont-Tremblant en 2008, d'abord pour un emploi sur une ferme biologique. Alors qu'elle continue de jardiner pour le plaisir, Geneviève travaille actuellement dans les domaines du yoga, de la vente au détail et de la rédaction. Dans ses temps libres, elle adore les sports en montagne, les jeux de société et jouer de la musique. Geneviève Huchette grew up in Montreal and completed a bachelor degree in Environmental and Agricultural Sciences at McGill University. After years of studying and travelling, she landed in Mont Tremblant in 2008, first to work on an organic farm. Although she still enjoys gardening for fun, Genevieve presently works in various domains: yoga, retail and writing. In her leisure time, she likes mountain sports, board games and playing music.

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