Raton laveur ou chat sauvage ?

Avec son visage masqué, sa queue rayée et son pelage poivre et sel, le raton laveur ressemble au chat sauvage d’Europe, un félin de taille moyenne mentionné dans « Alice aux pays des merveilles ». Voilà d’où vient sans doute le nom de chat sauvage que lui ont donné les premiers arrivants francophones en terre d’Amérique.

Fins observateurs, les autochtones l’appellent arakum, « celui qui gratte avec les mains ». Ce nom est d’ailleurs à l’origine de son nom anglais; raccoon.

En fait, le raton laveur est plus proche parent des ours que des félins. Au contraire des chats, ses griffes ne sont pas rétractiles et il marche sur la plante des pieds plutôt que sur les doigts. Comme l’ours noir, il passe l’hiver caché dans un abri en état de torpeur, alors que la température de son corps s’abaisse de quelques degrés. Les félins, lynx ou cougars, restent actifs toute l’année.

Adepte des ruisseaux et des marécages, le raton laveur capture écrevisses, salamandres, grenouilles, têtards, moules et petits poissons en tâtonnant au fond de l’eau pour déloger une proie. De ses longs doigts agiles, il saisit sa victime et la roule entre ses mains, donnant l’impression de la laver avant de la déguster.

Ce fin gourmet déterre aussi les nids de tortues et mange les œufs de ces reptiles devenus de plus en plus rares. Malgré ses airs bon enfant, le raton laveur n’est pas toujours apprécié des agriculteurs puisqu’il se nourrit allègrement dans les plantations de maïs, les poulaillers et les ruchers.

En ville et en banlieue, il fouille dans le compost, éventre les sacs à déchets, renverse les poubelles et pille les mangeoires d’oiseaux. Pour éviter les dégâts, il faut l’empêcher d’accéder à ces sources de nourriture et éviter de le nourrir.

Les effectifs de cet animal audacieux et opportuniste se comptent par millions depuis le sud du Canada jusqu’en Amérique centrale. Apprenons à cohabiter avec ce voisin entreprenant en évitant tout contact direct avec lui car il est parfois porteur de maladies potentiellement dangereuses.

Le raton laveur est l’une des vedettes de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant.

 

Du même auteur : Le criocère du lys, astucieux envahisseur (Cliquez sur l’image)

 

Jacques Prescott67 Posts

Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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