Profession : barbier

Un barbier au XIXe siècle.

Le métier de barbier, qui existe depuis l’Égypte ancienne, connait actuellement un regain d’intérêt auprès des professionnels de la coiffure et leur clientèle – exclusivement masculine – emboite le pas. Tremblant Express a rencontré Jean Martinez, l’un des barbiers de notre localité qui pratique ce métier séculaire dont le statut a disparu en 1989.

Jean a appris son métier dans le sud de la France il y a déjà 17 ans. Il en a gardé l’accent chantant, typique de cette région de l’hexagone et l’étincelle qui brille dans ses yeux rieurs, voir un poil taquins, ne dément pas quant au plaisir qu’il prend à assurer la pérennité de ce savoir-faire.

En plus de pratiquer son métier, Jean l’enseigne à Montréal et sur la Rive-Sud. Son épouse, Virginie Blanco, et lui sont aujourd’hui propriétaires du salon de coiffure Fines Lames by Le Blanco. Jean y a aménagé un coin barbier – décor rustique oblige – au sein même de leur salon de coiffure.

On y retrouve deux chaises anciennes consacrées exclusivement à l’art de ce métier où la barbe est reine. En plus de se spécialiser dans les coupes pour homme, le rasage à l’ancienne (mousse chaude, blaireau, coupe-choux) et dans l’entretien de la barbe, Jean est également styliste et prendra le temps d’observer son client avant de commencer sa coupe.

S’il le juge approprié, il se permettra quelques recommandations sur un changement de coupe de cheveux ou de taille de la barbe.

« Il n’existe pas d’écoles où l’on enseigne le métier de barbier, explique Jean. Lorsque j’étudiais en hôtellerie, je traversais la rue pour me faire couper les cheveux deux fois par semaine à l’école de coiffure d’en face. Je péchais un peu par excès de coquetterie, concède-t-il en riant. Mais c’était gratuit !

Un jour où c’était très occupé, j’ai proposé mon aide. On m’a fait savoir que je devais d’abord m’inscrire en coiffure. Je l’ai fait et c’est comme ça que tout a commencé. »

Jean Martinez dans son salon.

De coiffeur à barbier

Une fois ses études terminées, Jean travailla quelque temps dans un salon de coiffure conventionnel. L’étiquette que l’on appose aux hommes pratiquant le métier de coiffeur l’a toutefois rebuté et conduit à déposer temporairement les ciseaux.

« J’ai démissionné et le lendemain, je suis allé trouver un vieux barbier dans une rue adjacente, raconte Jean. Il m’a tout de suite embauché. Il m’a appris tout ce qu’on ne nous apprend pas à l’école.

Il a fait le tri dans mes outils et m’a fait jeter tout ce qui ne servait pas aux hommes. »

Le ciseau amincisseur fut alors remplacé par un rasoir à effiler, communément appelé feather. Jean s’en sert avec la dextérité d’un artiste peintre peaufinant sa toile.

Selon lui, on ne coupe pas les cheveux des hommes de la même façon que ceux des femmes. Le rasoir à effiler permet en effet de couper les cheveux sans ajouter de volume. Un rasoir à lames jetables, un clipper, une paire de ciseaux et un peigne complètent l’arsenal du jeune barbier.

Le retour d’un métier millénaire

Selon Jean, l’art de raser la barbe s’est perdu avec l’ère du temps, un peu comme beaucoup de métiers artisanaux. « Ces métiers reviennent aujourd’hui. Ils ont été délaissés, car il ne s’agit pas de métiers très payants », concède-t-il.

Pour tirer son épingle du jeu, un barbier doit en effet pouvoir compter sur le volume « étant donné qu’une coupe à 22$ est beaucoup moins payante que les teintures, les mèches et les rallonges », explique-t-il.

Le fabuleux monde de la barbe

Avant le XVIIe siècle, le barbier pratiquait de petites chirurgies. Aujourd’hui, la lame du rasoir sert encore à extraire les poils incarnés. Cela requiert toutefois une certaine dextérité.

« Il est plus difficile de tailler ou de raser les barbes que les cheveux, fait valoir Jean. C’est plus technique que la coupe de cheveux. Il faut pouvoir s’adapter au type de peau et de poils », précise-t-il.

« Si tu te coupes, applique une serviette bien froide. J’ai aussi une poudre hémostatique, au cas où, mais je ne coupe jamais mes clients suffisamment pour en avoir besoin », indique Jean d’un ton rassurant.

« Est-ce que je suis barbier ? Oui, car je suis spécialisé dans les hommes. Suis-je le meilleur barbier ? Non, car on apprend tous les jours. Pourtant, ça demeure des cheveux et des poils, mais les techniques évoluent sans cesse », conclut-il.

 

Guillaume Vincent277 Posts

Rédacteur et journaliste de profession, Guillaume Vincent a fait ses armes au sein de l’agence QMI. Il s’est joint au Tremblant Express en 2014. Promu en 2017, il y assume depuis le rôle de rédacteur en chef et directeur de la publication. / A writer and photojournalist by profession, Guillaume Vincent won his stripes in the QMI agency. He joined Tremblant Express in 2014. Promoted in 2017, he has been editor-in-chief and co-publisher since then.

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