Pourquoi les oiseaux migrent-ils ?

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À l’approche de l’été, bon nombre d’oiseaux chassés par un hiver trop rude reviennent égayer nos régions. Cette migration annuelle serait causée par le désir de retrouver leur terre natale. Est-ce la seule raison de ce voyage périlleux ?

La majorité des oiseaux qui se reproduisent au Québec passent une partie de l’année au Mexique, en Amérique centrale, en Amérique du Sud ou dans les Caraïbes.Certaines parulines ne restent que trois mois dans les forêts canadiennes, sur leur site de reproduction, hivernent six ou sept mois en Amérique du Sud et voyagent deux ou trois mois entre les deux destinations au printemps et à l’automne. D’autres espèces telles que l’oie des neiges, le colibri ou le héron ne passent que quelques mois au nord pour y nicher, avant de revenir passer l’hiver au sud.

Deux théories cherchent à expliquer ce phénomène :

Selon la première, certains migrateurs tels que les pluviers et les bécasseaux seraient originaires de latitudes nordiques et auraient été forcés à migrer vers le sud au cours du Pléistocène (entre -2,5 millions et -11 000 ans) au fur et à mesure que les glaciers recouvraient l’hémisphère nord. Profitant du retrait des glaciers, il y a environ 10 000 ans, les oiseaux revinrent à leur lieu d’origine pour y nicher. Les hivers étant plus rudes qu’avant la dernière glaciation, ces oiseaux entreprirent de migrer vers le sud à la fin de chaque été.

La deuxième théorie attribue à certains autres migrateurs une origine tropicale. Ce serait le cas, par exemple, des colibris, des moucherolles et des parulines. L’abondance de nourriture et le climat favorable des tropiques auraient causé une surpopulation poussant ces espèces à s’installer ailleurs. Le retrait des glaciers les aurait incitées à se déplacer vers le nord pour y élever leurs nichées. La migration aurait aussi un avantage insoupçonné. Une étude a révélé que plus hautes sont les latitudes auxquelles nichent les oiseaux migrateurs, plus grandes sont leurs chances d’échapper aux prédateurs.

À chaque degré de latitude vers le nord, le risque de prédation des œufs d’oiseaux serait réduit de 3,6 %, en raison de la diminution graduelle du nombre de prédateurs au fur et à mesure que l’on progresse vers le nord. Cet avantage expliquerait pourquoi les oiseaux effectuent ces voyages épuisants et risqués, franchissant des continents entiers pour élever leurs petits en toute quiétude.

Migrer vers le nord serait un gage de famille nombreuse.

 

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Jacques Prescott

 

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Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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