Pour l’avenir du caribou

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Le caribou qui figure sur nos pièces de 25 cents est en péril. Au Québec, on retrouve trois variétés écologiques de ce cervidé nordique : le caribou migrateur de la toundra, le caribou forestier de la forêt boréale et le caribou montagnard de la Gaspésie. Depuis plusieurs années, les populations de caribous régressent au point où cette espèce emblématique pourrait disparaître de certaines régions. Quelles en sont les véritables raisons et que pouvons-nous faire ?

Certains experts attribuent le déclin du caribou forestier principalement aux activités forestières. Sans nier les impacts générés par ces activités, d’autres facteurs entrent en ligne de compte : dégradation et morcellement de l’habitat par les feux de forêt et les épidémies d’insectes, dérangement causé par les activités de villégiature et d’écotourisme, la chasse et le braconnage, la prédation par le loup et l’ours, la disponibilité de nourriture, les parasites, les maladies et les insectes piqueurs, les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes.

Le caribou est donc affecté simultanément par une combinaison de facteurs de sorte qu’il est difficile d’évaluer séparément leurs effets relatifs. L’aménagement forestier ne peut être responsable à lui seul du déclin des populations de caribous forestiers et n’en constitue en fait qu’une des multiples causes.

Protéger le caribou exige une démarche intégrée permettant d’aborder tous ces facteurs. Une solution : l’aménagement écosystémique des forêts. Cette approche préconise un aménagement forestier qui reconnaît et encourage les diverses fonctions de la forêt et tient compte des attentes de tous les usagers face aux aléas des changements climatiques : séquestration du carbone, assainissement de l’air et de l’eau, prévention de l’érosion, maintien de la biodiversité, production de matériaux ligneux et non ligneux, chasse, pêche, villégiature et écotourisme.

En valorisant ces différentes fonctions et en les intégrant dans le modèle économique des entreprises forestières et des autorités régionales, il serait possible d’assurer la résilience et la pérennité de nos forêts, répondre aux besoins de développement durable des régions tout en protégeant le caribou.

La protection de cet animal, qui occupe une place de choix dans la culture des peuples premiers, nous fournit l’opportunité de repenser notre relation avec la nature et la façon dont nous en utilisons les ressources.

 

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Jacques Prescott

 

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Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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