Petit tour de dameuse à Tremblant

©Tremblant.ca

Tout semble si simple lorsque l’on observe un expert à l’œuvre. Mais une fois l’outil à la main, on réalise à quel point la tâche est plus ardue qu’elle n’y parait. Les quelque vingt dameurs qui œuvrent chaque nuit sur la montagne en savent quelque chose.

Confortablement installés dans leurs puissants « bisons » munis de chenilles que rien ne semble pouvoir arrêter, ces façonneurs de pistes n’ont que très peu de marge de manœuvre. Une connaissance approfondie du terrain est en effet nécessaire afin d’éviter les pièges que recèlent les différentes pistes. Leur connaissance de la montagne n’a d’égal que leur habileté à manier avec précision ces monstres mécaniques pour créer, nuit après nuit, un terrain de glisse idéal et sécuritaire.

« Être à l’aise prend plusieurs années de pratique », reconnait Benoit Alary, opérateur dameur depuis 16 ans à Tremblant. « Il est également primordial de bien connaitre sa dameuse et ses limites, de même que ses propres limites afin de ne pas se retrouver en mauvaise posture. Ça peut arriver facilement, affirme-t-il en pleine action. Même si ça fait 16 ans, il subsiste un petit stress, mais disons qu’il se gère mieux aujourd’hui. »

©Trex

Les « baleines »

On pourrait croire naïvement que les canons à neige recouvrent les pistes de la montagne d’une couche uniforme. Il n’en est rien. Sous les canons, des buttons pouvant atteindre 15 pieds de hauteur – communément appelés « baleines » – attendent les dameuses qui se font soudainement toutes petites.

Il faudra les grignoter délicatement, un passage à la fois, afin de répartir la neige et de l’amener en quantité suffisante aux endroits clés comme les escarpements, les tranchées et autres anfractuosités. Une fois la neige placée, on prendra soin de la laisser reposer; l’objectif étant de laisser l’eau s’écouler. Ensuite, les dameurs effectueront les passages destinés à damer la piste et laisser sa surface en forme de velours côtelé.

Des débuts de saison excitants

« J’adore les débuts de saison », confie Benoit aux commandes de son engin. « Ce que je préfère, c’est arriver sur une piste où on retrouve plein de baleines de neige artificielle que l’on doit placer. Le tout, c’est de ne pas se retrouver coincé entre deux de ces baleines », précise-t-il.

Flat light et vertige

À force d’avancer et de reculer, lorsque les canons à neige crachent avec zèle leur or blanc, il arrive que les opérateurs perdent leurs repères et ne sachent plus où ils se trouvent. « Il y a même des fois où on ne sait plus si on avance ou si on recule », précise Benoit en riant.

Alary raconte également qu’au sommet de la montagne, où les dénivelés abrupts font des heureux chaque saison, la dameuse doit être munie d’un treuil. C’est notamment le cas dans la Taschereau, où un câble d’un kilomètre fixé à l’arrière du véhicule exerce une pression de 500 livres pour lui permettre de remonter. Toute une descente!

La saison est loin d’être terminée et réserve encore bien des défis aux dameurs.

Mais sachez, amis skieurs et planchistes, que des professionnels consciencieux sont à l’œuvre chaque nuit pour nous procurer les meilleures conditions de glisse possible. Ayons une pensée pour eux quand les conditions sont étonnamment bonnes.

 

 

Guillaume Vincent275 Posts

Rédacteur et journaliste de profession, Guillaume Vincent a fait ses armes au sein de l’agence QMI. Il s’est joint au Tremblant Express en 2014. Promu en 2017, il y assume depuis le rôle de rédacteur en chef et directeur de la publication. / A writer and photojournalist by profession, Guillaume Vincent won his stripes in the QMI agency. He joined Tremblant Express in 2014. Promoted in 2017, he has been editor-in-chief and co-publisher since then.

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