Marcher, rouler, glisser…

Mia-Catherine Lussier et Parker Courte-Rathwell ©GuillaumeVincent

par Daniel Gauvreau.

… Courir, grimper, sauter, lancer : activités ludiques pour les uns, entraînement pour d’autres, mais pour chacun, des gestes essentiels profondément chamboulés par un confinement qui s’étire. Insidieusement, les écrans ont sédentarisé notre mode de vie. Les milieux de la santé, de l’éducation et du sport sont inquiets.

Il y a quelques semaines, notre champion de ski acrobatique Mikaël Kingsbury interpelait le premier ministre par lettre ouverte : « Des milliers de jeunes sont privés de leur passion, de l’activité qui les motive à sortir de la maison, qui leur donne envie de se dépasser et qui leur donne l’espace mental pour apprendre. Je m’inquiète qu’on « perde » ces jeunes, qu’ils délaissent le sport au profit des écrans. »

Un message inspirant pour nos jeunes et leurs familles

Pourtant, contrairement à ce qu’on peut croire, confinement ne signifie pas s’isoler chez soi. La situation est mondiale et le virus fait maintenant partie de nos vies. Les médecins du sport préviennent : on ne peut se mettre en mode attente et espérer une fin heureuse.

C’est le même message que nous livrent deux athlètes d’élite de notre région qui semblent avoir réussi ce pari : la patineuse artistique Mia-Catherine Lussier de Mont-Tremblant et le fondeur Parker Courte-Rathwell d’Arundel, tous deux âgés de 19 ans. « Nous avons dû nous adapter et réinventer notre mode de vie », confient-ils.

Mia et Parker : jeunes athlètes éclairés

Deux personnalités attirantes et rayonnantes, chacune à leur façon. Parker est volubile, et répond avec précision à toutes les questions. Il ne vise rien de moins que de faire partie des meilleurs fondeurs au monde. Tout aussi volontaire, Mia est plus intérieure : elle aura un long silence avant de verbaliser ce que le patinage lui apporte : « un état de bien-être où j’oublie tout le reste et je regarde vers l’avant, vers la vie ».

Le développement d’un athlète d’élite demande 10 000 heures d’entraînements adaptés à ses besoins. Cela représente pour la plupart environ dix ans de leur vie à raison de trois heures quotidiennes d’entraînement, de compétitions et d’exercices. C’est une moyenne qui varie bien sûr en fonction de l’âge, mais qui démontre l’investissement nécessaire pour accéder au sommet.

Garder l’envie de se dépasser

Comment y arrive-t-on lorsque soudainement, disparaissent l’encadrement, les équipements et le milieu compétitif qui permet aux athlètes de se situer ? Une période difficile qui a connu son apogée, pour Parker, en décembre dernier : « j’ai tout remis en question et je me suis demandé si je ne venais pas de gaspiller mes dix dernières années à me pousser vers quelque chose qui n’existe plus.

Puis j’ai réalisé que si la perte de mes activités m’affectait autant, c’est parce que cela me tenait à cœur et cette période est maintenant derrière moi ». Privée de ses 12 heures hebdomadaires d’aréna, Mia s’est accrochée aux quelques heures offertes par son cégep à Montréal et la municipalité de Mont-Tremblant. Elle s’est entraînée par elle-même utilisant des glaces extérieures, comme celle du centre-ville.

La compétition nationale s’est déroulée avec deux autres patineuses, chacune seule devant un vidéaste et sa caméra dans un aréna désertique. « J’ai eu à faire face à mes démons : la peur incapacitante et la paralysie avant un saut. J’ai dû me parler pour me convaincre que dans cet aréna silencieux, j’étais en compétition et que je voulais me battre pour surmonter l’obstacle. »

Innovation, adaptation et motivation

Voilà les solutions clés de nos athlètes. Documents et informations sur internet et personnes ressources du milieu ont aidé Parker à élaborer des entraînements adaptés et personnalisés. « Je parle plus souvent qu’auparavant avec mes rivaux grâce à internet et nous sommes devenus une communauté qui échange. »

Pour sa part, Mia ne veut pas avancer dans le noir : « le patin est la passion qui me permet d’imaginer la lumière et d’oublier les difficultés ». Pour motiver les familles et les enfants à bouger, il existe sur internet de nombreuses ressources, entre autres sur les sites suivants : ParticipAction, le projet Actif pour la vie, l’Association québécoise des médecins du sport et de l’exercice, Santé publique Ottawa. Parmi toutes les suggestions, en voici une qui pourrait être bien populaire auprès de votre famille : organiser un tournoi de soccer un contre un pour remporter le droit de ne pas faire la vaisselle le soir venu. Inspirez-vous de vos athlètes et demeurez actifs.

 

Daniel Gauvreau2 Posts

Récréologue de formation (BAC), tour à tour organisateur, formateur, administrateur, consultant, chroniqueur et traducteur dans le milieu du plein air, Daniel Gauvreau s’est fait le chantre de l’activité physique en extérieur. De retour d’un périple au Québec et en France, il a choisi les Hautes-Laurentides pour satisfaire son amour de la nature. Semi-retraité, moniteur de ski de fond à la SFMT, son expérience profitera sans conteste aux lecteurs du Tremblant Express/ Trained recreationist (BAC), organizer, trainer, administrator, consultant, columnist and translator in the outdoor world, Daniel Gauvreau has championed outdoor physical activity. Returning from a trip to Quebec and France, he chose the Hautes-Laurentides to satisfy his love of nature. Semi-retired, cross-country ski instructor at the SFMT, his experience will undoubtedly benefit Tremblant Express readers.

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