L’omble de fontaine, joyau de nos plans d’eau

L'omble de fontaine, salvelinus fontinalis. ©AdobeStock

Tout bon pêcheur sait reconnaître l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), mieux connu sous le nom de truite mouchetée. C’est le poisson sportif ayant la plus grande répartition géographique au Québec et sans doute le plus apprécié des pêcheurs qui en récoltent chaque année plus de 16 millions dans les lacs et rivières de la province.

Ce poisson à la svelte silhouette, dont la taille fait en moyenne 20 à 30 cm, préfère les eaux claires bien oxygénées où la température ne dépasse pas les 20oC. Immobile à l’ombre d’un arbre tombé, dans le contre-courant d’une rivière agitée ou le méandre d’un ruisseau, l’omble de fontaine guette le passage d’une proie ou digère lentement son dernier repas. On le voit aussi marsouiner ou sauter hors de l’eau pour attraper un insecte en vol.

Son menu opportuniste inclut tout un cortège d’animaux : vers, sangsues, mollusques, crustacés, insectes, araignées et petits poissons. Les plus gros ombles s’attaquent parfois aux grenouilles et aux salamandres, voire même aux couleuvres et aux souris qui se retrouvent à l’eau. Chaque pêcheur a sa méthode préférée pour attraper la truite. La mienne est la mouche sèche ou noyée qui nous permet d’apprécier la rapidité d’action et la vigueur de ce poisson combatif.

À la fin de l’été et en automne, l’omble de fontaine remonte à la tête du lac ou de la rivière, franchissant parfois plusieurs kilomètres pour aller frayer. Les mâles arborent alors une livrée plus contrastée et leur abdomen devient orange vif. Chez les plus gros spécimens, un genre de crochet se forme à l’extrémité de la mâchoire inférieure. La femelle creuse un nid dans le cours d’eau où elle pond jusqu’à 5 000 œufs qu’elle recouvre de gravier. Les œufs éclosent 50 à 100 jours plus tard et les alevins sortent du nid au printemps.

Autrefois abondant partout au Québec, l’omble de fontaine souffre aujourd’hui de la surpêche, de la dégradation de son habitat et de l’introduction d’espèces de poissons compétitrices. Protégeons ce joyau de nos plans d’eau en respectant les règlements de pêche, en évitant de polluer son habitat ou de détruire les frayères où il se reproduit.

 

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Jacques Prescott

 

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Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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