L’odorante mouffette rayée

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La mouffette rayée est à juste titre associée à l’odeur nauséabonde qu’elle dégage. Son nom scientifique Mephitis mephitis vient d’un mot latin classique qui signifie « exhalaison infecte ». Profitant du déboisement, cet habitant des forêts mixtes et feuillues, des prairies et régions agricoles s’est bien adapté aux zones urbaines où il trouve une nourriture abondante et des abris confortables.

Son pelage noir marqué de deux larges rayures blanches constitue un véritable panneau-réclame prévenant tout prédateur de la surprise qui l’attend. Dans mon livre Mammifères du Québec et de l’est du Canada (Éditions Michel Quintin), je la présente ainsi :

« La mouffette dispose d’un moyen de défense très efficace. Devant une menace, elle lève la queue, tourne le dos à l’adversaire et projette dans sa direction un jet de liquide fétide à l’odeur musquée et persistante qui brûle les yeux et provoque parfois une cécité temporaire. Ce liquide jaunâtre est sécrété par deux glandes anales qui, en se contractant, peuvent projeter leur contenu avec une précision étonnante à plus de 6 m de distance.

La mouffette peut effectuer jusqu’à 6 arrosages consécutifs. Il lui faudra entre 2 et 10 jours pour recharger ses glandes. Un nettoyage à l’ammoniaque, à l’essence ou au jus de tomate vient habituellement à bout de cette odeur. La mouffette se rend utile en détruisant quantité d’insectes. (Elle creuse notamment le sol des parterres à la recherche de larves, tels que les vers blancs).

En revanche, elle peut être porteuse du virus de la rage. Il faut se méfier d’une mouffette active durant le jour et qui paraît familière ou agressive. Pour éviter qu’elle niche sous un bâtiment, on doit en obstruer toutes les issues ou l’entourer d’un grillage enfoncé dans le sol. On réussit parfois à la déloger en déposant de la naphtaline dans son abri ou en y laissant une lampe allumée. »

La mouffette n’arrose pas sans raison et réserve ses munitions pour les situations extrêmes où elle se sent en danger. Lors d’une rencontre fortuite, gardez vos distances et profitez-en pour observer de loin cet odorant animal.

animalium.ca

 

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Jacques Prescott

 

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Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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