L’importance de la course en ski alpin

©Gary Yee (garyphoto.ca)

Cela fait plus d’un an que les skieurs s’entrainent en parcours sans avoir participé à une course. Il est temps que les compétitions reprennent, car la motivation s’estompe peu à peu. Ce ne sont pas nécessairement les moins impliqués qui abandonnent, mais plutôt des athlètes prometteurs ne trouvant plus de raison de continuer.

J’entends déjà la réplique : « oui, mais au moins, vous skiez… vous devriez être heureux… » C’est en effet l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvions la saison dernière. Mais plus maintenant.

Un jeune qui décide de faire des compétitions de ski le fait pour les motifs suivants :

  • Le dépassement de soi ;
  • Se mesurer aux autres ;
  • Faire partie d’un groupe avec un but commun ;
  • Le rêve d’atteindre les plus hauts niveaux ;
  • Parce que c’est l’fun.

S’il n’y trouve pas son compte, l’athlète n’a plus de motivation pour poursuivre son sport. Dans un article publié sur sciencedirect.com, les auteurs N. Gillet et R.J. Vallerand, tous deux psychologues, soutiennent ce qui suit : « Un individu amotivé ne parvient pas à mettre en relation son comportement et les conséquences qui lui sont associées. Aussi, les athlètes amotivés ne perçoivent aucune raison de continuer à pratiquer l’activité dans laquelle ils sont engagés ».

La compétition (course) est l’essence même de notre sport. Descendre un parcours n’a de sens que si nous pouvons nous mesurer aux autres. Même lorsque la simulation de course est l’objectif de notre session d’entrainement (chrono, dossard…), nous ne réussissons pas à reproduire un environnement mental équivalent à celui de la course.

La compétition apporte des éléments d’excitation : la montée d’adrénaline ; la focalisation sur l’objectif et l’accomplissement de soi lorsque l’évènement est achevé. Que nous gagnions ou pas, que nous ayons vécu un succès ou un échec, la compétition engendre des émotions qui ne peuvent être recréées artificiellement. Que le but de la compétition soit de terminer premier au classement ou de se classer dans les 30 meilleurs, la course permet également d’établir des objectifs mesurables.

Je connais beaucoup de skieurs de compétition alpins qui sont devenus par la suite de très bons gestionnaires, médecins, avocats, dirigeants d’entreprise… Ils y sont parvenus en mettant à profit les éléments de discipline, de rigueur, d’autodétermination et de préparation mentale acquis grâce à la course.

Il va sans dire que tous les skieurs n’y trouvent pas leur compte. Ce n’est pas donné à tout le monde de considérer la vitesse comme exaltante ; d’aimer sortir du lit avant le lever du soleil pour s’entrainer au froid ; d’accepter de passer au moins une heure tous les soirs à préparer ses skis pour le lendemain ; d’être assez loufoque pour chasser la neige fraiche hors du parcours lors des journées de poudreuse et de prendre du plaisir à se mettre en situation de stress lors des compétitions.

Mais pour plus de 3 000 coureurs au Québec, c’est l’histoire de leur vie. Et il ne faut surtout pas oublier que la compétition et la comparaison avec les autres demeure un incontournable dans la pratique d’un sport.

 

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Jocelyn Huot

 

Jocelyn Huot30 Posts

Entraineur Chef du Club de ski Mont-Tremblant Entraineur Niveau 4 certifié FESC / PNCE Niveau 3 de l'Alliance des moniteurs de ski du Canada Formateur pour Alpine Canada depuis 2007 Head coach of the Mont-Tremblant Ski Club Leve 4 FESC/PNCE – certified coach, Level 3 CSIA/AMSC – certified instructor

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