L’écureuil roux, audacieux et tapageur

L’automne est une saison très animée pour l’écureuil roux. Puisqu’il reste actif toute l’année, il doit se constituer des réserves de nourriture en prévision de l’hiver. Profitons-en pour observer ses allées et venues avant les premières neiges. Cet habitant typique de la forêt boréale raffole des graines de conifères qu’il grignote après avoir arraché les écailles qui les recouvrent.

Il s’installe sur une souche, un tronc d’arbre, une branche ou une pierre pour décortiquer le cône et en extraire les graines. Ces sites d’alimentation sont facilement reconnaissables aux débris qui les jonchent.

Il aime aussi les glands, les faînes, les noix, les bourgeons, les fleurs et les petits fruits. Si l’occasion se présente, il peut manger des insectes, des œufs, des oisillons ou de très jeunes mammifères encore au nid. Il apprécie particulièrement les champignons qu’il dépose parfois sur une branche pour les faire sécher.

L’écureuil roux défend jalousement son territoire au centre duquel se trouve sa réserve alimentaire principale. On reconnaît ce lieu par la grande quantité de cônes et de débris souvent accumulés sous un grand arbre au cours des années, parfois sur plusieurs générations.

Spontanément, au passage d’un intrus ou d’un simple randonneur, ce rongeur tapageur annonce sa présence en poussant un cri typique d’une dizaine de secondes qui ressemble à un bruit de crécelle. Il arrive que les occupants de territoires voisins pillent les réserves des uns et des autres ce qui donne lieu à des querelles mémorables.

Contrairement à l’écureuil gris qui dépose chaque aliment dans une cachette distincte, l’écureuil roux en cache plusieurs au même endroit. Il peut ainsi, en creusant un seul tunnel dans la neige, rejoindre une quantité appréciable de nourriture, une pratique bien adaptée au climat neigeux de la forêt nordique.

Alors qu’en été il loge dans un nid de feuilles, l’écureuil roux passe l’hiver dans un trou d’arbre tapissé de mousse et de lichens ou un terrier jumelé à un réseau de galeries souterraines qui lui permettront de rester bien au chaud.

Ouvrez l’œil et tendez l’oreille, ce rongeur audacieux est l’un des seuls mammifères de la forêt boréale à manifester sa présence de manière aussi évidente, pour notre plus grand plaisir.

animalium.ca

 

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Jacques Prescott

 

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Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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