L’éclatant cardinal rouge

Au plus fort de l’hiver, un oiseau écarlate égaie nos jardins de son plumage éclatant, attiré par les mangeoires d’oiseaux. Il s’agit du cardinal rouge nommé ainsi en raison de sa couleur qui rappelle les habits des princes de l’Église.

Observé pour la première fois au Québec en 1964 lors du recensement des oiseaux de Noël — un inventaire annuel effectué par les ornithologues au début de chaque hiver — le cardinal rouge a depuis envahi tout le sud de notre province. Entre 1990 et 2014, les effectifs de cet oiseau se sont accrus de 700 % au Québec.

Bien établi dans l’est des États-Unis, le cardinal rouge a progressé vers le nord en profitant du réchauffement climatique et de la nourriture que les amateurs dispensent aux oiseaux en hiver. Il affectionne particulièrement les milieux urbanisés et agricoles où il se nourrit d’insectes, de graines, de bourgeons et de fruits.

Puisqu’il ne migre pas, le cardinal peut consacrer toute son énergie à la reproduction et à l’élevage de ses oisillons. Entre avril et septembre, il produit jusqu’à trois couvées de deux ou quatre œufs. Son nid, une coupelle d’herbes, d’écorces et de feuilles est difficile à trouver. Il est toujours bien caché dans un fourré d’arbustes décidus à un ou deux mètres au-dessus du sol.

Le cardinal doit aussi son succès à son vilain caractère. Le mâle défend âprement son territoire de reproduction contre tout envahisseur. On l’a déjà vu attaquer son propre reflet dans une baie vitrée et le rétroviseur d’une voiture.

Mâles et femelles se distinguent aisément par leur plumage. La femelle, discrète et moins voyante, a le dos brun moyen et le ventre brun chamois. Des reflets rouges allument les plumes de ses ailes, de sa queue et de la crête proéminente qui orne sa tête. Le juvénile ressemble à la femelle adulte.

Ces oiseaux très volubiles communiquent entre eux avec une quinzaine de cris différents. Le plus connu est une suite de sifflements puissants — wheet, wheet, wit-wit-wit-wit — que le mâle émet en toutes saisons et que la femelle utilise lorsqu’elle couve ses œufs et que le mâle vient la ravitailler.

Ouvrez grands les yeux et les oreilles, les cardinaux sont chez nous pour y rester.

Profitez d’une visite à l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant, pour découvrir la faune des forêts du Québec.

 

Du même auteur : Le jour de la marmotte (Cliquez sur l’image)

 

Jacques Prescott71 Posts

Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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