Le voyage de retour

© Guillaume Vincent

Il y a environ un an, tout le Québec était en émoi pour une jeune baleine à bosse qui s’était aventurée bien au-delà de son aire de vie naturelle. Son parcours avait été sans précédent. Remontant le fleuve Saint-Laurent, elle avait nagé au-delà de Québec et Trois-Rivières pour finalement aboutir devant le Vieux-Port de Montréal.

De la fin mai au début de juin 2020, les ébats enjoués de l’énorme mammifère avaient captivé des foules de spectateurs agglutinés sur les rives alors qu’une pandémie mondiale se développait. Koko Lee, une jeune fille curieuse de 10 ans, avait été fascinée par l’apparition de cette baleine. Koko et ses frères avaient suivi son itinéraire à leur pupitre de classe à la maison, à Mont-Tremblant.

© Guillaume Vincent

Pendant le confinement, ils avaient écouté les bulletins de nouvelles traitant de cet incroyable périple. La jeune baleine fascinait tous ceux qui la voyaient. Mais sa mort, aussi soudaine qu’inexpliquée, fit prendre conscience de la fragilité de notre existence. Ce fut un très dur choc pour Koko.

L’élaboration d’un projet

La jeune fille est une athlète remarquable, une nageuse experte, adepte de voile et passionnée par la vie marine. Elle avait décidé de rendre hommage à cette baleine à bosse par un projet bien concret. Elle cherchait un moyen de ramener l’esprit de la jeune baleine vers sa famille.

Avec l’aide de ses parents, elle élabora un projet. Elle suivrait, en sens inverse, le même itinéraire que celui de la baleine. Et elle n’utiliserait d’autre d’énergie que le vent et son propre courage.

L’entraînement pour la réussite

Au début du printemps, elle entreprit un entraînement spécifique pour préparer cet ambitieux défi. Alors âgée de 11 ans, elle commença avec 20 kilomètres de vélo par jour. Elle nageait aussi quotidiennement deux ou trois kilomètres. Puis, lorsque le vent était favorable, elle faisait de la voile sur le lac Mercier à Mont-Tremblant.

Au mois de juin, accompagnée de son père Raymond, elle haussa son régime d’entraînement. Chaque journée comportait une sortie à vélo de 40 kilomètres. Elle faisait de la voile selon les conditions et fit un essai de 13 kilomètres, entre Pointe-Claire et le phare de Lachine. Pour compléter sa préparation, en juillet, elle a navigué avec son petit voilier Optimist dans cinq différentes régions du parcours prévu : Montréal, Sorel-Tracy, Trois-Rivières, Portneuf et Québec.

Elle a expérimenté le vélo sur route entre Québec et Tadoussac. Et elle s’est initiée aux conditions de voile sur le Saint-Laurent. Tous ces efforts en vue de son périple qui débutera plus tard ce mois-ci. Loredana Horvat, cheffe entraineur de natation au Club de Natation Mont-Tremblant (CNMT) a accompagné Koko au cours des quatre dernières années.

« Koko possède une éthique de travail remarquable, compte tenu de son âge, confie-t-elle. Elle réussit tout ce qu’elle entreprend. Elle est forte et déterminée. Je suis convaincue que l’énergie de cette baleine la transportera tout au long de cette fabuleuse aventure. »

Un défi colossal

Après une année de préparation, le voyage s’amorce ce mois-ci. Lorsque les vents seront favorables, Koko s’élancera dans le sillage de la baleine. Elle parcourra à vélo les 154 kilomètres séparant Mont-Tremblant de Montréal. Puis elle mettra à l’eau son Optimist pour naviguer 250 kilomètres à la voile sur le Saint- Laurent, du parc de la Promenade-Bellerive jusqu’à la ville de Québec. Puis, de nouveau à vélo, elle roulera sur 220 kilomètres jusqu’à Tadoussac. Enfin, elle franchira les 30 derniers kilomètres du parcours à la voile.

Koko est déterminée à réussir. Elle le décrit ainsi : « Je veux simplement la ramener à la maison ».

Le chant des baleines d’après Koko

Koko espère que sa démarche permettra d’accorder plus d’attention au monde qui nous entoure. Elle souhaite faire réaliser que tout être vivant fait partie de notre monde. « Un monde que nous partageons, rappelle-t-elle, pas seulement avec les humains, mais avec toutes les créatures vivantes. »

On dit que les baleines ne chantent pas pour répondre à une question. Elles chantent parce qu’elles ont une mélodie en elles. Le chant de Koko est porteur d’optimisme. Il est celui d’une courageuse jeune fille au grand cœur. Porté par le souffle du vent, ce chant la mènera jusqu’aux eaux de Tadoussac en compagnie de l’esprit de cette jeune baleine.

 

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Cathy Bergman

 

Cathy Bergman46 Posts

Cathy Bergman est devenue athlète de façon inopinée à un âge relativement avancé. Elle nous montre qu’il n'est jamais trop tard pour retrouver la santé et la forme. Cathy Bergman is an accidental athlete who found health and fitness late in life. She shows us that is never too late to get healthy and fit.

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