Le retour du pèlerin

Faucon pèlerin

Surveillez bien le ciel. Avec le retour du printemps, de nombreux oiseaux de proie reviennent de leur séjour hivernal dans le sud pour nicher dans notre région. Le faucon pèlerin est de ceux-là.

Après avoir passé l’hiver en Amérique centrale, ce formidable prédateur retrouve ses sites de nidification préférés sur les falaises rocheuses en milieu naturel ou les édifices en hauteur du centre-ville de Montréal, Québec ou Ottawa.

Mais le faucon pèlerin revient d’encore bien plus loin. Au cours des années 1970, l’espèce était considérée en voie de disparition.

Depuis les années 1950, les oiseaux dont le faucon se nourrissait étaient contaminés par le DDT, un puissant pesticide alors utilisé en agriculture pour le contrôle des insectes ravageurs.

Le DDT présent dans le corps des insectes et des oiseaux insectivores se trouvait concentré dans l’organisme du faucon. Cette contamination avait pour effet d’amincir la coquille des œufs du faucon qui se brisaient au moindre choc, réduisant la capacité de reproduction du prédateur.

L’usage du DDT fut interdit au Canada et on lança un important programme d’élevage en captivité qui se solda par le lâcher de 256 fauconneaux dans la vallée du Saint-Laurent et le retour des populations de faucons à un niveau moins préoccupant.

En 1985, à mon instigation, une campagne de collecte de fonds originale fut organisée pour appuyer ce programme.

Une caméra placée dans le nichoir abritant les faucons d‘élevage installé au sommet de l’édifice d’Environnement Canada permettait aux visiteurs d’un centre commercial de Québec de suivre le développement des fauconneaux jusqu’à leur premier envol.

En dépit du succès du programme de repeuplement, le faucon pèlerin demeure vulnérable. Il peut être victime de collisions avec les lignes à haute tension, les éoliennes, les voitures ou les vitres d’édifices et sa nidification est parfois dérangée par les adeptes de l’escalade ou les randonneurs.

L’usage du DDT se poursuit également dans certains pays où il hiverne.

Le faucon pèlerin est un formidable chasseur et l’un des oiseaux les plus rapides. Il s’attaque en vol aux canards, étourneaux et pigeons qu’il frappe avec ses serres en filant à une vitesse qui peut atteindre 200 km/h. Profitez d’une visite à l’Animalium de Mont-Tremblant pour découvrir d’autres champions du monde animal.

 

Du même auteur : Le harfang des neiges, emblème aviaire du Québec (Cliquez sur l’image)

 

Jacques Prescott83 Posts

Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

1 Comment

  • claude Reply

    mars 14, 2019 at 9:27

    C’est bien Jacques. Continue tes projets d’information et d’enseignement en sciences naturelles et environnement.
    Ton ex prof. Claude Delisle

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