Le lièvre d’Amérique et la neige

La survie du lièvre d’Amérique est étroitement liée à la présence de neige ainsi que l’évoquent ses autres noms communs : lièvre variable et lièvre à raquettes. Le pelage du lièvre « variable » est brun grisâtre en été et devient blanc en hiver. Cela lui permet de se fondre au paysage, à condition que la neige soit au rendez-vous au bon moment.

Empreintes du lièvre
d’Amérique. ©Courtoisie

Les larges pieds postérieurs de ce lagomorphe lui servent de raquettes qui facilitent ses déplacements dans la neige épaisse. Une étude réalisée en Alberta a montré que les chances de survie d’un lièvre changent avec la profondeur et la dureté de la neige.

Les lièvres ont 97 % de chances de survivre 30 jours lorsque la profondeur de la neige est supérieure à 60 cm, mais cette statistique diminue de 10 % s’il n’y a que 25 cm de neige. Ce taux de survie tombe à 77 % si la neige est à la fois peu profonde et molle.

En effet, lorsque la neige est épaisse, le lièvre se déplace plus aisément que ses principaux prédateurs – coyote, lynx et renard. Il peut ainsi leur échapper et se camoufler plus facilement. Si une première neige peu abondante arrive avant que le lièvre n’ait complété sa mue automnale, il devient extrêmement vulnérable.

Le lièvre d’Amérique s’observe partout où poussent de jeunes conifères, les taillis, les zones marécageuses et le bord des cours d’eau. Il ne fait pas de terrier et s’abrite sous les branches basses ou les arbres tombés.

Recherchez les signes de sa présence : ramilles tranchées en biseau, arbrisseaux à l’écorce rongée, petites crottes sphériques, pistes caractéristiques dans la neige.

Les populations de lièvres suivent depuis toujours un cycle régulier, atteignant un sommet tous les 9 ou 10 ans. Les fluctuations imprévisibles de l’enneigement causées par les changements climatiques viendront-elles modifier les chances de survie de cette espèce ? La faune de nos régions est en vedette à l’Animalium, musée zoologique à Mont-Tremblant.

 

Du même auteur : Est-ce que les prédateurs tuent par plaisir ? (Cliquez sur l’image)

 

Jacques Prescott81 Posts

Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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