Le jour de la marmotte

Selon une tradition importée d’Europe et lancée aux États-Unis en 1887, le 2 février est le jour où l’on peut prédire la durée de l’hiver en observant le comportement de la marmotte commune. Ce jour-là, si la marmotte voit son ombre, l’hiver durera encore 6 semaines. Si au contraire elle ne voit pas son ombre, c’est signe que le printemps est déjà arrivé. Qu’en est-il au juste ?

En hiver, les jours ensoleillés sont habituellement plus froids. On pourrait donc penser qu’un 2 février ensoleillé annonce encore plusieurs jours de grands froids. Ceci étant, il serait possible d’appliquer la tradition du jour de la marmotte à n’importe quel animal. De fait, en Europe, c’est le hérisson et l’ours brun qui jouent ce rôle le 2 février, à la fête de la Chandeleur.

Aux États-Unis, dans la partie sud de l’aire de répartition de l’espèce, on voit des marmottes actives durant tout l’hiver et celles qui hibernent émergent tôt en février. Au Canada, il serait étonnant de voir une marmotte hors de son terrier à cette date.

Chez nous, la marmotte commune passe l’hiver dans une profonde léthargie d’où elle ne sort qu’entre la fin de février et mars ou avril selon la température et la latitude de l’endroit où elle se trouve.

Pendant l’hibernation, la température corporelle normale de 37  baisse à moins de 4  et la fréquence cardiaque de la marmotte chute de 130 à 5 battements à la minute. Les mâles adultes sortent de l’hibernation 3 à 4 semaines avant les femelles et sont donc prêts à s’accoupler dès que celles-ci sortent de leur terrier.

Ces dernières années, en raison du réchauffement climatique, on a constaté que la période de reproduction printanière de certains animaux a été avancée. Peut-être verrons-nous bientôt des marmottes bien actives dès le 2 février.

La marmotte est l’un des animaux en vedette à l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant.

 

Du même auteur : L’audacieux mésangeai du Canada (Cliquez sur l’image)

 

 

Jacques Prescott71 Posts

Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

0 Commentaires

Répondre à L’éclatant cardinal rouge | Tremblant Express Annuler la réponse

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password