Le chat domestique, adorable tueur

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Sous des dehors câlins, le chat domestique est un prédateur redoutable. Dix mille ans de domestication n’ont pas altéré ses capacités de chasseur et son impact sur les populations d’oiseaux et de petits mammifères est phénoménal. Peut-on empêcher minou de nuire à la petite faune qui égaie nos jardins et nos bois ?

Griffes acérées enfouies dans un fourreau qui préserve leur tranchant, canines pointues qui percent la nuque des petites proies, coussinets élastiques assurant une marche silencieuse, vision précise, audition sensible, rapide à la course, le chat possède l’arsenal du parfait prédateur.

Lors de ses sorties en plein air, un chat même bien nourri ne résiste pas à l’appel d’un oiseau, d’une musaraigne ou d’une souris et cherchera à l’attraper. Son instinct de chasseur opportuniste l’incite à constituer une réserve de nourriture. Lorsque minou vous apporte fièrement le fruit de sa chasse, sachez qu’il veut simplement garnir le garde-manger familial.

Selon un sondage réalisé en 2017, 33% des foyers québécois possèdent au moins un chat pour une population totale d’environ 2 millions de félins, sans compter les chats sans domicile retournés à l’état sauvage. On estime qu’au moins la moitié des chats de maison profitent de leurs sorties pour chasser et chaque chasseur tue environ 30 proies par an. Un chat errant pour sa part en capture plus de 1000.

Selon Environnement Canada, plus de 134 millions d’oiseaux sont ainsi victimes des chats chaque année dans l’ensemble du Canada, sans compter les millions de petits mammifères. Pour éviter l’hécatombe, gardez votre chat à l’intérieur de la maison ou attachez-le lorsqu’il prend l’air. Si vous le laissez sortir seul, munissez-le d’une clochette ou d’une collerette voyante pour réduire son succès de chasse.

Ne le laissez pas sortir en soirée, alors que les oiseaux sont les plus vulnérables. Assurez-vous de châtrer votre animal pour éviter les naissances non désirées et n’abandonnez jamais votre animal dans la nature ; remettez-le plutôt à un refuge qui saura lui trouver un nouveau foyer. Notez qu’un chat qui reste à la maison peut vivre jusqu’à six fois plus longtemps qu’un chat errant.

animalium.ca

 

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Jacques Prescott

 

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Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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