Le bonheur simple de skier

Valérie Grenier a retrouvé ses skis, sa montagne, le sourire et l’espoir de recommencer l’entraînement cette saison.

La jeune skieuse de l’équipe canadienne a chaussé les skis pendant le temps des Fêtes à Mont-Tremblant pour la première fois depuis une quadruple fracture de la jambe droite subie à la suite d’une chute aux Championnats du monde de Åre (Suède), en février 2019.

« Le retour sur les skis est un feeling incroyable, dit-elle avec un grand sourire. Je m’ennuyais de simplement glisser sur la neige, d’enchaîner les virages. Je suis vraiment contente d’être enfin rendue à cette étape. »

Valérie s’est gavée de ski libre en janvier. Elle a l’intention de traverser l’Atlantique en février pour skier en Europe et peut-être recommencer l’entraînement dans les piquets.

Bien qu’elle se réjouisse de pouvoir compter sur le soutien indéfectible de ses commanditaires – la Fédération des producteurs d’œufs du Québec et leur pendant en Ontario ainsi que les Producteurs de poulets du Canada – elle exclut cependant un retour à la compétition cette saison.

« Je vais voir si je peux enfiler une botte de course et on verra pour la suite des choses », souligne-t-elle avec prudence, au cours d’un entretien avec le Tremblant Express.

Preuve que même les super athlètes peuvent être des mortels, la skieuse de 23 ans a repris la glisse sur des skis de boutique et dans une botte beaucoup plus souple que ce qu’elle a l’habitude de porter. « On va donner un peu de répit à ma jambe », glisse-t-elle pendant qu’un bootfitter patenté de la boutique Daniel Lachance Ski Service lui ajuste sa chaussure.

La traversée du désert

Valérie revient de loin. Opérée le soir même de son accident, en Suède, elle espérait reprendre l’entraînement en salle au printemps et rechausser les skis au cours de l’été ou de l’automne pour être dans le portillon de départ des courses de vitesse de la Coupe du monde de Lake Louise (Alberta), en décembre dernier.

Mais la guérison de sa jambe n’a pas suivi l’échéancier prévu et la Tremblantoise a dû subir une deuxième opération en juin parce que son tibia ne se ressoudait pas correctement.

« Je pensais que ça prendrait six mois, que ma blessure était relativement simple, confie-t-elle. Quand le chirurgien m’a dit que je devais être réopérée, je ne le croyais pas. Je ne m’attendais vraiment pas à ça. »

Ce deuxième coup dur n’est pas arrivé seul et une sensibilité au genou lors de la réhabilitation s’est transformée en douleur intense après cette deuxième opération. « Certains exercices faisaient très mal, mais j’ai appris à travailler différemment et la douleur est supportable. »

Valérie entrevoyait un tout autre parcours à l’aube de la saison 2018-2019.

Enfin libérée de la douleur provoquée par une blessure appelée syndrome du compartiment, elle a décroché une magnifique onzième place au slalom géant de Sölden (Autriche), en octobre 2018; une cinquième place au Super G de Lake Louise, quelques semaines plus tard, et une quatrième place au Super G de Cortina d’Ampezzo (Italie), en janvier 2019.

« Pour la première fois depuis longtemps, je n’avais mal nulle part, j’ai eu de très bons résultats en début de saison, j’étais très optimiste pour les Mondiaux de Åre et je pensais enfin pouvoir m’entraîner sans retenue pendant l’été 2019 pour être à mon meilleur pour la saison 2020. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre pour revenir à ce niveau », souffle-t-elle d’un ton incertain.

Aussi loin qu’elle puisse se rappeler, Valérie n’avait jamais passé autant de temps sans skier avant son récent retour sur les planches, ce qui lui a permis de mettre les choses en perspective et de mesurer son amour pour son sport.

« Je regarde toutes les épreuves de la Coupe du monde depuis le début de la saison et c’est difficile de ne pas être là. La compétition me manque beaucoup », conclut la jeune skieuse.

 

Alain Bisson47 Posts

Journaliste depuis plus de 30 ans, Alain Bisson a débuté sa carrière au Journal de Montréal à titre de journaliste à l'économie. Au cours des dernières années, Alain fut également directeur du pupitre et directeur des contenus week-end à La Presse. / A journalist for more than 30 years, Alain Bisson began his career at the Journal de Montreal as a journalist covering economics. In recent years, Alain was also weekend content director and bureau chief for La Presse.

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