La séduisante et vorace mante religieuse

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L’intrigante mante religieuse (Mantis religiosa) nous séduit par sa tête triangulaire, ses yeux qui semblent nous dévisager et surtout ses longues pattes antérieures garnies d’épines repliées comme un boxeur prêt à frapper.

Immobile dans la végétation, elle guette le passage d’une chenille, d’un grillon ou d’une sauterelle. On a même vu de redoutables mantes chinoises (Tenodora sinensis), autre espèce introduite dans le sud du Québec, se percher sur une mangeoire et attraper un oiseau-mouche. Les mantes nouvellement écloses ont la forme adulte en miniature et l’instinct de chasse bien aiguisé.

Originaire d’Europe et introduite en Amérique du Nord au XIXe siècle, la mante religieuse est régulièrement utilisée par les jardiniers pour le contrôle des insectes jugés nuisibles.

Extrait de mon carnet d’un voyage en Malaisie effectué en 2004

« Sur la colline qui domine Kuala Lumpur, un jardin à papillons, havre de paix, au cœur de la cité. Dans cette immense volière couverte d’un filet, il est émouvant de se faire effleurer par des centaines d’ailes frémissantes. Le vol silencieux des lépidoptères impressionne. Ils butinent sans bruit d’une fleur à l’autre et, déroulant leur trompe, en aspirent le nectar sucré.

Ils ne manquent de rien dans cet éden fleuri. Çà et là, des mangeoires leur offrent des fruits coupés, des gicleurs assurent une humidité constante. Le soleil brille, la vie est belle pour ces insectes choyés. Je m’appuie nonchalamment sur la rampe d’escalier en examinant plus bas le bassin des poissons rouges.

Sentant un léger pincement au doigt, je vois qu’une élégante mante religieuse me serre la main. De ses longues pattes en forme de pinces elle cherche sans doute à m’éloigner de son territoire de chasse. À l’affût dans le feuillage, bien camouflée dans sa livrée verdâtre, elle attend patiemment sa proie.

Ses yeux protubérants ne ratent rien. Ses pattes de devant repliés sous son corps comme des couteaux de poche se détendent brusquement à l’approche d’une victime. Celle-ci sera déchiquetée vivante par les robustes mandibules du terrible prédateur. Le bonheur a un prix au royaume des papillons. »

animalium.ca

 

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Jacques Prescott

 

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Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et co-fondateur de l’Animalium, le musée zoologique de Mont-Tremblant. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi, and co-founder of Animalium, the zoological museum of Mont-Tremblant. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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