La féérique histoire d’une baleine

Koko à destination de Trois-Rivières. ©Courtoisie

Suite de l’article intitulé « Le voyage de retour » paru dans notre édition du mois d’août 2021

 

« Bien qu’elle soit petite, elle est acharnée ». Cette citation bien connue du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare illustre à merveille le cran et la détermination de Koko Lee, une jeune fille de Mont- Tremblant, empreinte de bonté et animée d’un feu intérieur.

Remonter le courant à la nage

Nageuse experte, adepte de voile et amoureuse de la nature, Koko avait été très émue par la mort inexpliquée d’une jeune baleine au printemps 2020. Cette dernière avait remonté le Saint-Laurent jusqu’au Vieux-Port de Montréal où elle avait trouvé la mort, très loin de son habitat naturel dans la baie de Tadoussac.

Koko était obsédée par l’idée de permettre à l’âme de la jeune baleine de rentrer chez elle. Par la même occasion, elle voulait attirer l’attention sur le sort des baleines qui meurent inutilement, coincées dans des filets de pêche ou à cause de la pollution d’origine humaine.

Avec l’aide de ses parents, Koko a élaboré un projet. Elle allait refaire l’itinéraire suivi par la baleine, sur l’eau avec son petit voilier Optimist ou sur terre à vélo, en utilisant comme source d’énergie uniquement la puissance du vent, sa force physique et son courage.

L’entraîneure de natation Loredana Horvat a beaucoup d’admiration pour sa jeune élève. « C’est un parcours qui conviendrait à un athlète adulte, et elle n’a que 11 ans. »

Malgré la difficulté du défi, après presque une année de préparation et d’entraînement, Koko a entrepris cette formidable aventure au mois d’août.

Le voyage de retour

La première partie du périple consistait en un parcours de 154 kilomètres de vélo de Mont-Tremblant à Montréal. Sa mère, son père et ses deux frères encourageaient Koko en l’accompagnant, parfois devant, parfois derrière.

Après deux jours de vélo, Koko a mis son voilier à l’eau et a navigué 250 kilomètres sur le Saint-Laurent, du parc de la Promenade-Bellerive (Montréal) jusqu’à la ville de Québec. L’esprit de la jeune baleine tenait compagnie à Koko à mesure que les jours passaient sur l’eau. De parfaits étrangers sont devenus des amis et des supporteurs, lui offrant un coin pour s’abriter et récupérer, pendant qu’elle avançait inlassablement, contre vents et marées.

La troisième étape comprenait 200 kilomètres à vélo entre Québec et Tadoussac. La maman de Koko se souvient des cloches de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré qui se sont mises à sonner comme ils passaient vers midi. Par la suite, des pentes abruptes attendaient Koko à 30 kilomètres de là et son père a alors pris les devants.

Koko devant la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré. ©Courtoisie

Après trois autres journées de vélo, la ligne d’arrivée se rapprochait. Pour la dernière mise à l’eau, la météo était idéale et Koko s’est élancée dans la baie Sainte-Catherine.

Ses parents l’ont accompagnée afin de la guider, mais elle a tout réalisé par elle-même. Pour chaque coup de pédale, pour chaque effort dans la brise marine, elle était seule… comme l’esprit de la baleine qu’elle a guidé dans son retour.

Un périple de seize jours. Promesse tenue.

La promesse d’un engagement

Cette réalisation n’était qu’un début. Koko et sa famille s’engagent à attirer l’attention sur la précarité du sort des baleines. « Protéger les baleines est plus que la bonne chose à faire, explique Koko, parce qu’elles sont un formidable allié dans notre lutte contre les changements climatiques. »

La recherche scientifique démontre qu’une baleine peut éliminer de l’atmosphère autant de CO2 que 30 000 arbres. Les plantes microscopiques de l’océan que les baleines nourrissent de leurs excréments consomment près du tiers du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère et émettent au moins cinquante pour cent de l’oxygène terrestre.

Littéralement, les baleines nous aident en nous fournissant l’air que nous respirons. Koko affirme « qu’il est fondamental d’offrir aux baleines un plan d’eau propre et exempt de filets de pêche ».

Et elle poursuit : « modifier notre façon de traiter l’environnement sera beaucoup plus difficile à réaliser que mon projet estival. Mais comme je l’ai fait pour le voyage de retour de la baleine, on peut y arriver, un pas à la fois ».

 

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Cathy Bergman

 

Cathy Bergman58 Posts

Cathy Bergman est devenue athlète de façon inopinée à un âge relativement avancé. Elle nous montre qu’il n'est jamais trop tard pour retrouver la santé et la forme. Cathy Bergman is an accidental athlete who found health and fitness late in life. She shows us that is never too late to get healthy and fit.

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