La famille Richer : près d’un siècle d’implication

La boucherie, rue de Saint-Jovite dans les années 20. ©Courtoisie

La région de Mont-Tremblant telle que nous la connaissons est le résultat des actions, des décisions et des risques pris dans le passé par des gens courageux, travailleurs et déterminés. L’histoire qui suit est celle de la famille Richer, qui même si le nom n’est plus affiché sur une bâtisse de notre ville, résonne encore comme celui d’une famille de bâtisseurs.

Hilaire Richer, né en 1857 à Saint Scholastique, s’établit à Saint-Jovite en 1877. Il achète une ferme sur le chemin Brébeuf et en 1878, l’abbé Ouimet le marie à Caroline Campeau. Comme dans les contes de fées, on peut poursuivre en disant : « Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». En fait, ils en auront onze et nous nous attarderons sur le benjamin, Paul-Émile, né en 1897.

Élevé sur la ferme de ses parents, il trouve un emploi au Chemin de fer Canadien Pacifique. En 1917, il épouse Florence Perreault à Brébeuf. Pendant la première année de leur mariage, le jeune couple habite à la ferme paternelle puis quelques années chez un ami, Jean Baptiste Labelle, à Brébeuf. Déjà, la famille s’agrandit ; Florence donnera naissance à huit enfants en 10 ans.

Le couple fait l’achat d’une petite ferme sur la rue Émond pour s’y établir. Florence suggère à Paul-Émile de faire l’achat de la boucherie de son frère Joseph Richer, pressentant qu’ils pourraient en faire un succès et en vivre convenablement. La somme est faramineuse – 3 500 $ – mais Florence est déterminée.

Paul-Émile Richer
& Florence Perreault
Juin 1939. ©Courtoisie

Le 6 mars 1925, Paul-Émile devient propriétaire de la boucherie située à l’emplacement du stationnement actuel de la pharmacie Uniprix (voir photo ci-dessus).

Florence accouchera de cinq autres enfants. Seulement trois survivront. Elle élève donc neuf garçons et deux filles tout en travaillant à la boucherie.

Quand Paul-Émile se rend chez les fermiers pour faire des achats, il n’est pas rare de voir Florence porter un quartier de bœuf, le débiter et servir les clients.

Elle est dotée d’une immense énergie, s’occupe de la maison et du budget. Excellente cuisinière, elle trouve le temps de préparer des soupers pour les Chevaliers de Colomb.

La veille de Noël, Florence assiste toujours à la première messe de façon à préparer la table pour le réveillon. Les journées sont longues et bien remplies, de 5 h à 23 h. Paul-Émile est commissaire d’école, Chevalier de Colomb et marguiller de la paroisse.

Seule récompense de la semaine pour le couple, un cornet de crème glacée le samedi.

Le commerce prend de l’expansion et ils introduisent des produits d’épicerie. La commande de ces derniers était enregistrée par des vendeurs itinérants et la livraison était effectuée par train.

Paul-Émile mourra le 13 juillet 1955 à seulement 57 ans. Florence continuera seule l’exploitation du commerce pendant une année avant de le vendre à son fils Guy.

Ce dernier agrandira à nouveau le commerce. Je me souviens des quartiers de viande suspendus au plafond, des comptoirs remplis de glace avec des poissons, des huitres… Je vois encore l’été les caisses de fruits et de légumes. Guy et Blanche Letourneau ont deux garçons et cinq filles. En plus de son commerce, Guy est président de la Chambre de commerce, pompier volontaire, Chevalier de Colomb et marguiller.

D’autres membres de la famille travaillent dans le même domaine. Yvan, le frère de Guy, mène une compagnie de livraison de viande dont Guy est un client. Par ailleurs, Yvan est le père de l’abbé Marc Richer qui est aujourd’hui vicaire général du diocèse de Mont-Laurier. Au lac Mercier, Zotique Richer, neveu de Paul-Émile, fût également boucher et épicier jusqu’au début des années 80.

En 1972, après ses études en commerce, Mario fils de Guy se joint au commerce. En 1973, il épouse Claudette Levert et ils auront trois enfants. Guy lèguera à ses enfants le commerce en 1979. Toute la famille y travaille à l’exception de Louis, ingénieur à Montréal.

En 1982, la famille construit un nouveau bâtiment à l’arrière du commerce familial et un stationnement asphalté là où se trouvait le commerce. En quelques jours, on peut voir apparaitre la bannière Métro. Mario est tout aussi engagé que ses aïeuls. Il sera marguiller et fera partie du Club Richelieu et de la Chambre de commerce.

En 1998, le marché Métro déménage dans un édifice plus grand construit sur le terrain de l’ancien hôtel Saint-Jovite. En 2015, le commerce est vendu. La boucherie transformée en épicerie grande surface aura appartenu à la famille Richer pendant 90 ans.

La grande famille Richer a laissé son empreinte dans la région. Paul-Émile et Florence auront eu 51 petits-enfants, 80 arrière-petits-enfants et de nombreux arrière-arrière-petits-enfants. Encore aujourd’hui, quand on parle de la famille Richer, on pense d’emblée au domaine de l’alimentation.

 

Du même auteur : Clubs de ski : une tradition depuis près de cent ans (Cliquez sur l’image)

 

Peter Duncan58 Posts

Membre de l’équipe canadienne de ski alpin de 1960 à 1971, skieur professionnel de 1971 à 1979 et champion américain en 1965, Peter Duncan a participé aux Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck ainsi qu’à ceux de 1968 à Grenoble. Intronisé au Temple de la renommée du ski au Canada, au Panthéon des sports du Québec et récipiendaire de la médaille du gouverneur général, Peter a longtemps été commentateur de ski à la télévision./ Peter Duncan is a Canadian former alpine skier who competed in the 1964 and the 1968 Winter Olympics. He was named to the Canadian National Alpine Team in 1960 at the age of 16 and competed at the national level for the next 10-years until 1970 before retiring.

0 Commentaires

Laissez un commentaire

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password