La famille Labonté

Famille Labonté – 1997 - 50e anniversaire de mariage de Roger & Léonne. De gauche à droite : Robert, Pierre, Sylvain, Marleen, Gilles, Francine, Roger, Léonne & André. ©Courtoisie

Je suis fasciné par cette génération d’hommes et de femmes qui ont tenté le tout pour le tout et quitté la France pour s’établir en Nouvelle France. Après un voyage au péril de leur vie, ils arrivaient en territoire inconnu et parfois hostile. Alexandre Noël dit « La bonté » — un des premiers Français arrivés en 1699 — serait l’ancêtre de la grande famille Labonté que nous connaissons aujourd’hui.

Si traverser l’Atlantique était périlleux, prendre la décision de s’établir dans les Hautes-Laurentides comportait de nombreux défis. C’est pourtant ce qu’a fait Adrien Labonté. En 1883, il épouse à Saint- Jovite Onésime Légaré, fille de Jean-Baptiste et Marie Lauzon.

Adrien et Onésime sont des travailleurs acharnés. Adrien est à la fois défricheur et commerçant. Il s’approvisionne en marchandises à Saint-Jérôme où il se rend chaque semaine en charrette tirée par ses chevaux. Il fabrique de la chaux qui sert de mortier pour la construction de solages en pierre. Il travaillera aussi à la construction du chemin de fer vers 1898.

Au fil des ans, ils auront 14 enfants ; l’un d’eux, Arthur, né en 1892, est l’ancêtre d’une lignée de Labonté qui s’illustrera dans le village de Saint-Jovite. Arthur épousera Bertha Brissette. Leur famille vivra essentiellement de l’exploitation de leur ferme.

Et nous voici rendus à un contemporain de mon père : Roger Labonté, né en septembre 1925. Roger porte en lui toutes les qualités de la famille Labonté : travailleur, entrepreneur, impliqué socialement et politiquement. Il apprend son métier de plombier à Sainte-Agathe-des-Monts et dès l’âge de 24 ans, il établit son commerce. Malgré son emploi du temps chargé, il est pompier volontaire et membre des Chevaliers de Colomb. Il épouse Léonne Perreault le 27 juillet 1946 à Saint-Jovite.

C’est grâce au lien d’amitié qu’entretiennent mon père et Roger que je fais connaissance avec cette grande famille de bâtisseurs, mais vu mon jeune âge, je les trouve plutôt bons vivants. Rapidement, le commerce de Roger prend de l’expansion et la qualité de son travail est réputée. Pendant ce temps, Roger et Léonne ont sept enfants : Francine, Gilles, André, Robert, Pierre, Sylvain et Marleen.

©Courtoisie

Tous les membres de la famille ont des tâches à accomplir — les garçons comme les filles. La plomberie est une affaire de famille. Léonne est responsable de l’administration et gère l’entreprise d’une main de fer. Malgré toutes ses responsabilités, elle se joint à l’AFEAS (Association féministe d’éducation et d’action sociale) dont elle deviendra la présidente pendant sept ans — elle sera également membre des « Filles d’Isabelle ».

Roger, pour sa part, deviendra conseiller municipal et il servira fièrement la communauté pendant trois mandatures. Ses fils seront tous amateurs de chasse et de pêche.

À ce propos, il y a plusieurs années, ma femme et moi avions décidé de faire un petit séjour au camp de chasse et pêche dans la ZEC (Zone d’exploitation contrôlée) Maison-de-Pierre. Nous étions en plein hiver et en authentiques Québécois habitués aux rigueurs de l’hiver, nous décidons de nous y rendre en motoneige. J’en parle un peu aux amis ; Robert et son cousin Bernard dit « Ti Boeu » se proposent de nous accompagner.

Bien leur en prit ! Il semble que mon talent sur la neige n’inclut pas la motoneige. Rapidement, sur un sentier recouvert de neige folle, nous nous sommes enlisés et les Labonté nous ont littéralement sortis du trou. Je pense qu’ils savaient que j’aurais des problèmes, mais tout ça s’est fait discrètement, comme s’ils étaient juste là pour la balade.

Même si le temps passé dans les bois avec parents et amis était sacré, le travail accompli avec fierté demeurait une priorité familiale. Roger avait toujours en tête de léguer l’entreprise à parts égales à sa famille et c’est ce qu’il fit.

Gilles, quant à lui, développera sa propre entreprise ; assez florissante pour lui permettre de racheter la plomberie Labonté. Pour respecter les volontés de son père, il divisera à son tour l’entreprise entre les frères et la génération suivante. Gageons que la famille Labonté fera partie des projets de construction de Saint-Jovite pour plusieurs générations encore.

 

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Peter Duncan

 

Peter Duncan93 Posts

Membre de l’équipe canadienne de ski alpin de 1960 à 1971, skieur professionnel de 1971 à 1979 et champion américain en 1965, Peter Duncan a participé aux Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck ainsi qu’à ceux de 1968 à Grenoble. Intronisé au Temple de la renommée du ski au Canada, au Panthéon des sports du Québec et récipiendaire de la médaille du gouverneur général, Peter a longtemps été commentateur de ski à la télévision./ Peter Duncan is a Canadian former alpine skier who competed in the 1964 and the 1968 Winter Olympics. He was named to the Canadian National Alpine Team in 1960 at the age of 16 and competed at the national level for the next 10-years until 1970 before retiring.

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