La famille Dubois (Première partie)

À la fin des années 1800, pour bien des familles, les Hautes-Laurentides offraient des opportunités d’emplois dans l’exploitation forestière et dans les métiers s’y rattachant.

René Dubois © Serge Dubois

C’est ainsi que la famille du patriarche Alfred Dubois, natif de la région de Sainte-Thérèse, décida de venir tenter sa chance dans le nord.

Parmi ses fils, on retrouvait Euclide, un entrepreneur né qui exploita une ferme située à l’endroit où se trouve de nos jours le terrain de golf Le Diable.

Pour vous situer, imaginez la route originale qui se rendait du lac Ouimet au lac Tremblant en longeant la colline à l’est de la montée Ryan. Vers l’ouest, le terrain d’Euclide longeait ce qui est maintenant le trou numéro 5 du golf Le Diable.

Son moulin à scie était situé sur la route qui menait au lac Mercier (devenu le Village). Il est intéressant de noter que les terres, au début du 20e siècle, étaient en majorité la propriété de trois familles : les Ryans, les Wheeler et les Dubois.

Leurs territoires s’étendaient en grande partie de la gare de Saint Jovite jusqu’au lac Tremblant. Ces trois familles se sont également illustrées comme des entrepreneurs et promoteurs chevronnés.

Euclide aura cinq fils et trois filles. Deux de ses fils se sont particulièrement distingués.

Entrepreneur et politicien, Léon devint maire du lac Mercier et représentant du parti de l’Union nationale sous Maurice Duplessis. René, le cadet, devint propriétaire de la Villa Bellevue.

Changement de cap

Connu sous le nom de « pension Audet », l’hôtel était à l’origine tenu par la famille Carrière. Cette pension répondait aux besoins d’une clientèle de travailleurs de l’industrie forestière. Euclide en avait fait l’acquisition en 1930. Après certaines modifications, dont le changement de nom pour « Villa Bellevue », il la vendit à son fils René en 1943.

Comme l’industrie forestière était en déclin, il fallait trouver une nouvelle vocation à l’établissement. La pension subit de grandes transformations. Le site enchanteur, campé sur les rives du lac Ouimet, permit de développer l’endroit pour offrir à une nouvelle clientèle touristique un lieu accueillant en toutes saisons.

Un lieu estimé de tous

La somptueuse salle de spectacle de l’hôtel Villa Bellevue.

René Dubois entreprit la construction du nouvel hôtel Villa Bellevue. Il engagea les services de deux entrepreneurs menuisiers: Arthur Matte et Albert Lauzon.

La Villa Bellevue comprenait dès lors 110 chambres, une superbe salle à manger et une somptueuse salle de spectacles pouvant accueillir près de 300 personnes.

Le dynamisme de René Dubois ne tarda pas à transformer cette salle en un endroit prisé.

Il n’était pas rare d’y retrouver à l’affiche les grands noms de l’époque dont le duo humoristique québécois Les Jérolas, qui menaient une carrière au Canada et aux États-Unis ainsi que Michel Louvain, René Angélil et les Baronets, Pierre Lalonde et le groupe américain The Four Aces.

Les spectateurs ne provenaient pas uniquement des Laurentides, mais également de l’Outaouais, de Montréal et même de l’est des États-Unis.

Le tour du chapeau

Dubois était aussi un grand amateur de hockey et la saison terminée, de nombreux joueurs du Canadien de Montréal venaient séjourner à la Villa Bellevue. Le hockeyeur Bernard « Boom Boom » Geoffrion s’y est même produit en spectacle. En fait, il s’agissait des trois seules chansons qu’il connaissait et qu’il reprenait chaque été. Mais tout de même, chaque fois, il faisait salle comble.

René décida également d’organiser des régates comme à Valleyfield pendant lesquelles se déroulaient des courses de canoés. Des milliers de personnes venaient y assister sur les rives du lac Ouimet. Plus tard, il organisa des combats de luttes avec les plus grands noms de l’époque. Ces matchs étaient arbitrés par nul autre que Maurice « Rocket » Richard. Toute une époque…

 

Du même auteur : La famille Dubois (Suite et fin)  (Cliquez sur l’image)

 

Peter Duncan72 Posts

Membre de l’équipe canadienne de ski alpin de 1960 à 1971, skieur professionnel de 1971 à 1979 et champion américain en 1965, Peter Duncan a participé aux Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck ainsi qu’à ceux de 1968 à Grenoble. Intronisé au Temple de la renommée du ski au Canada, au Panthéon des sports du Québec et récipiendaire de la médaille du gouverneur général, Peter a longtemps été commentateur de ski à la télévision./ Peter Duncan is a Canadian former alpine skier who competed in the 1964 and the 1968 Winter Olympics. He was named to the Canadian National Alpine Team in 1960 at the age of 16 and competed at the national level for the next 10-years until 1970 before retiring.

1 Comment

  • Synthia Reply

    janvier 12, 2020 at 8:01

    Merci pour ce petit bout d’histoire. Je trouve l’article très intéressante et j’ai bien hâte de lire la suite.

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