Inestimables leçons sur le plein air (Troisième partie)

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Les premiers adeptes du plein air consommaient des fruits, des grains, des gâteaux, de la viande séchée et du fromage. Personnellement, je cuisine le gâteau à la menthe pour son apport énergétique. Les membres de l’expédition Shackleton consommaient des gâteries sucrées au cours de leur périple en Antarctique. Edmund Hillary et Tenzing Norgay firent de même sur l’Everest. Même si l’humanité n’a cessé d’évoluer et d’innover, les leçons du passé peuvent encore servir aujourd’hui. Voici donc la troisième partie de cette série.

Dans son livre The Complete Book of Outdoor Lore (Guide de la vie en plein air – traduction libre), Clyde Ormon parlait en 1964 de la conscience de l’environnement. Ce que je qualifie de « concept de base ». Nous avons généralement l’habitude de fixer l’horizon. On devrait aussi regarder derrière soi pour voir à quoi ressemble le paysage en sens inverse.

J’ai l’habitude de regarder dans toutes les directions pour observer les caractéristiques et les changements du terrain. Les arbres, les affleurements rocheux et les cours d’eau ont tous l’air de se ressembler. Tous les guides de montagne recommandent d’identifier des points de repère le long de sa route. Repérez-en un sur votre gauche, un autre à droite et ainsi de suite. Cet exercice vous aidera à revenir en sécurité.

Tous peuvent avoir des difficultés en plein air. Les plus récents adeptes des sentiers sont les amateurs de vélo à pneus surdimensionnés (VPS). J’ai eu l’occasion d’en aider plusieurs dernièrement. Ils savent pédaler, mais ils ne connaissent pas la forêt. Ce type de vélo, particulièrement les modèles électriques, permet de s’aventurer plus loin dans les bois et souvent les chutes sont sévères. Et c’est sans compter les conflits d’usage. Cette situation rappelle l’apparition des planches à neige sur les pentes de ski.

Allumettes imperméables. ©AdobeStock

Le deuxième conseil est d’une importance capitale, même si plusieurs d’entre vous croient qu’ils n’auront jamais à faire un feu. Vous n’avez qu’à parcourir l’actualité pour trouver une histoire de personnes forcées de passer la nuit à l’extérieur après une chute à travers la glace.

Personnellement, je ne compte plus sur la friction de deux pièces de bois pour l’allumage du feu. Je transporte toujours des allumettes imperméables et un allume-feu. Un allume-feu naturel comme l’herbe sèche ou l’écorce de bouleau s’enflamme facilement. Les randonneurs d’antan utilisaient des boulettes de coton et j’ai une connaissance qui se sert de la mousse de la sécheuse à linge.

Étendez cet allume-feu et superposez des feuilles et des brindilles. Sans étouffer la flamme, ajoutez des branchages de plus en plus gros jusqu’à pouvoir utiliser des morceaux de bois. Cela semble facile ? Eh bien, essayez par vent fort, sous la pluie ou dans la neige.

Pour avoir participé au programme d’immersion contrôlée de l’Armée canadienne, je connais la valeur d’un feu. Après une immersion totale en eau libre l’hiver, l’exercice consiste à récupérer seul et à reprendre ses tâches habituelles dans un délai de 15 minutes. Le tout sans assistance.

Mon sac contenait des allumettes imperméables et de l’allume-feu autour d’une baguette de bois. C’est l’équivalent moderne des boulettes de coton. La résine naturelle s’enflamme même lorsqu’elle est mouillée. Dans son guide de survie The SAS Survival Handbook (SAS : Special Air Service), John Wiseman donne le conseil suivant à propos des allumettes mouillées : roulez l’allumette dans vos cheveux et l’électricité statique la séchera.

Enfin, lorsque vous êtes en difficulté, demeurez calme. Je me suis déjà égaré et j’ai dû affronter des situations difficiles. Des personnes se mettent souvent en danger parce qu’elles ne font qu’aggraver la situation de départ. Trouvez un rocher ou une bûche, assoyez-vous, respirez et évaluez votre situation. Si vous êtes avec un ami ou un groupe, discutez de la prochaine étape. Si vous demeurez sur place, vous avez de meilleures chances d’être secouru.

Le milieu naturel est un bienfait inestimable. Il est d’une beauté attrayante, mais comporte aussi une part de risques. Il faut faire preuve de respect en ne laissant aucune trace de notre passage et en étant toujours bien préparés. Après tout, le téléphone cellulaire et la proximité de la civilisation ne sont pas des gages absolus de sécurité.

J’espère vous croiser lors d’une sortie de plein air. Je suis facilement reconnaissable à mon vieux chandail, mes bottes militaires et mon bâton de marche. Dans Home in Your Pack, Bradford Angier faisait cette observation en 1965 : « le bûcheron des régions nordiques, en particulier le Canadien, doit siroter sa tasse de thé fumante le midi, même s’il n’y a rien à manger. C’est une religion, au pays des aurores boréales ». Demeurez prudent et amusez-vous.

 

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Jeff Swystun

 

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Conférencier prolifique et écrivain, Jeff a donné plus de 115 conférences dans 25 pays. L'expertise de Jeff en matière de stratégie d'entreprise, de stratégie de marque et de marketing a mené à l'ouverture de Swystun Communications en 2012. / A prolific speaker and writer, Jeff has appeared at over 115 conferences in over 25 countries. Jeff’s expertise in business strategy, branding and marketing led to the opening of Swystun Communications in 2012. SC is a boutique agency focused on the intersection of business and brand strategy.

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