George Kelegher et Louise Boivin : l’amour du patrimoine

©Courtoisie

Alors que récemment, j’admirais le village de Saint-Jovite pour son charme et son allure authentique, je me disais qu’il y avait un couple de passionnés qui avait contribué à la préservation de ce patrimoine et qu’il était temps de les en remercier.

George Kelegher, né en 1935, a d’abord habité le quartier Rosemont à Montréal. Puis la famille Kelegher est venue s’établir à Saint-Jovite lorsque le père de George travaillait à la compagnie ferroviaire Canadian Pacific.

George y rencontrera la femme de sa vie, Louise Boivin native de Saint-Jovite, lors d’une belle journée ensoleillée sur une plage du lac Maskinongé. Le jeune couple se mariera en 1955 à l’église de Saint-Jovite. En 1957, ils s’installeront avec leurs deux enfants, June et Dean, à Saint-Jovite – l’amour des sports d’hiver, particulièrement du ski, influençant quelque peu leur choix.

Passionnés par la préservation des meubles québécois, Louise et George ouvrent leur première boutique en 1961 dans l’atelier du père de Louise. En 1962, devant le succès de leur activité, ils déménagent leur boutique sur la rue Ouimet – aujourd’hui rue Saint-Jovite – et dès l’année suivante, ils achèteront les murs. Plusieurs années plus tard, l’acquisition de la maison du notaire leur permettra d’agrandir la surface de leur commerce.

Louise & Georges. ©Courtoisie

Louise et George agissent comme des chercheurs de trésors. Ils partent à la recherche de ces magnifiques meubles oubliés dans les granges et les greniers. Ils passent leurs fins de semaine à restaurer ce qu’ils ont déniché, mais le travail est minutieux, voire fastidieux.

De 1965 à 1967, George étudie à l’Institut des Arts appliqués de Montréal pour approfondir ses connaissances sur le design et les meubles. L’endroit est réputé pour la qualité de son enseignement en ébénisterie avec une orientation en formation artistique.

L’amour du couple pour le patrimoine ne se limite pas aux meubles. En 1966, ils font l’acquisition d’une petite église anglicane située tout près de la gare de Saint-Jovite – ils la restaureront pour y habiter avec leur petite famille.

En 1975, ils découvrent une maison de ferme située à Arundel. Celle-ci date de 1875 et ils entreprennent la restauration des bâtiments. La propriété retrouvera toute sa splendeur d’antan et deviendra « le chez-nous pour toujours » des Kelegher.

En 1976, la boutique « Saint-Jovite Antiquités » devient « Antiquités Le Coq Rouge ». Combien d’entre-nous y avons trouvé la pièce ou le meuble que nous recherchions ? Je me souviens combien ma mère – amateure invétérée des meubles québécois – aimait se rendre chez George Kelegher. Elle y allait « juste pour se faire plaisir », disait-elle ! Les Kelegher exploiteront leur commerce jusqu’en 1996.

De plus en plus la vision de George et Louise se précise. Ils s’imaginent construisant un village à l’intérieur du village de Saint-Jovite. Ils s’associent alors à un ami, Stanley M. Hopmeyer – un partenariat qui durera 33 ans – et en 1987, leur projet du Petit Hameau voit le jour.

Le Petit Hameau. ©Courtoisie

Encore aujourd’hui, le Petit Hameau est un pôle d’attraction pour les touristes comme pour les résidents. C’est un petit bijou créé de toutes pièces dans le respect de l’architecture d’un village chaleureux et authentique.

La même année, George et Stanley s’attaquent à un autre projet d’envergure. Ils achètent l’ancienne gare de Saint-Jovite. La bâtisse date de 1893 et ils la font transporter en trois sections sur la rue Ouimet (voir photo). Après une période de restauration intense pour conserver l’authenticité de l’époque, la gare rouvre ses portes en tant que restaurant Antipasto – une autre attraction du village.

L’héritage que nous ont laissé George et Louise est concret : des bâtisses, des lieux, des résidences de notre histoire. Ils ont restauré, amélioré et donné à nouveau vie à ce qui, tombé entre d’autres mains, aurait pu être détruit.

Leur rêve d’un village à l’intérieur d’un village existant – avec sa personnalité et son charme qui lui sont propres – s’est réalisé. Et pour nous il serait difficile maintenant d’imaginer notre ville autrement.

 

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Peter Duncan

 

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Membre de l’équipe canadienne de ski alpin de 1960 à 1971, skieur professionnel de 1971 à 1979 et champion américain en 1965, Peter Duncan a participé aux Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck ainsi qu’à ceux de 1968 à Grenoble. Intronisé au Temple de la renommée du ski au Canada, au Panthéon des sports du Québec et récipiendaire de la médaille du gouverneur général, Peter a longtemps été commentateur de ski à la télévision./ Peter Duncan is a Canadian former alpine skier who competed in the 1964 and the 1968 Winter Olympics. He was named to the Canadian National Alpine Team in 1960 at the age of 16 and competed at the national level for the next 10-years until 1970 before retiring.

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