Escalade dans les Laurentides

Noémie Denault et Éric Gadoua. © Guillaume Vincent

La petite ville de Chamonix, campée au pied du Mont Blanc, est reconnue capitale mondiale de l’alpinisme. Tout a débuté en 1786, avec la première ascension de ce plus haut sommet des Alpes. Chez-nous, Val-David pourrait sans conteste être gratifié du titre de « Chamonix du Québec ». C’est en 1932 que l’ingénieur suisse à la retraite, John Brett, y réalisa la première ascension québécoise sur une paroi du mont Condor.

Ce fut le point de départ de la belle aventure alpine au Québec. Val David devint le lieu de formation de plusieurs générations de grimpeurs qui développèrent ensuite l’activité dans leur région respective. Et comme nos sommets ne dépassent guère les 1 000 mètres, on préfère parler d’escalade.

Une région comblée de belles parois

Notre région est facilement accessible et réputée pour la qualité de son rocher. La proximité des centres urbains attire de nombreux adeptes de grimpe dès que le soleil d’avril sèche les parois. Dans les environs, pas moins de sept sites d’escalade sont répertoriés par la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME).

Oserez-vous tenter l’aventure ?

L’escalade peut être apprise même à l’âge adulte. Chaque voie est cotée du plus facile au plus difficile, de 5.0 à 5.15. Au début, l’ascension se pratique en moulinette : la corde du grimpeur passe dans un relai fixé au sommet de la voie et le partenaire récupère à mesure l’autre extrémité et bloque la corde en cas de chute. Le débutant reste plus ou moins assis dans son baudrier.

Dans le matin frisquet à l’ombre de la paroi, Isabelle Losier, directrice du centre Attitude Montagne à Saint-Adolphe-d’Howard accueille des débutants. Après avoir présenté et ajusté l’équipement, baudrier, casques et chaussons, elle partage son principal conseil : « S’élever en poussant sur les jambes plutôt qu’en tirant avec les bras ».

L’essence de l’escalade, c’est d’explorer le rocher, flairer avec les mains, palper des yeux pour déchiffrer le passage. Entre soi et la roche, c’est une expérience à la fois physique, sensuelle et spirituelle. Quel plaisir de compléter une voie !

La grimpe en couple ? oui, c’est possible !

Établis depuis longtemps dans la région, Noémie Denault et Éric Gadoua sont passionnés de grimpe de longue date. Lorsqu’ils se sont connus, Noémie a mentionné qu’elle gravissait des montagnes et Éric lui a demandé : « En randonnée ou en escalade ? » Il fut positivement surpris d’apprendre qu’elle possédait un baudrier, des chaussons et un casque… Début d’une belle complicité qui perdure.

Ils ne s’attaquent pas aux mêmes niveaux, mais chacun y trouve son compte. En moulinette, chacun choisit sa difficulté. En cordée, Éric grimpe en tête, cela permet à Noémie d’accéder à des voies plus difficiles. Que se passe-t-il en montée ? « Le cerveau se vide et on est dans le moment présent. Où est ma prochaine prise ? C’est un sentiment de liberté. La peur de tomber, les bras ou les jambes qui tremblent, la paralysie de la hauteur sont des sensations que l’on apprend à maîtriser », affirment-ils mutuellement.

Tout se déroule en couple. « Dans les longues voies, nous conjuguons performance et plaisir et nous partageons notre énergie. » Éric trouve que Noémie est douée et courageuse et il en est fier : « je l’admire ! », confie-t-il. Quant à Noémie, elle respecte son désir de sensations fortes, mais elle est surtout heureuse d’être en symbiose avec un partenaire qui partage sa passion.

Une richesse collective à protéger

La FQME a réalisé de gros investissements pour améliorer les sites de la région. Nettoyage du rocher, mise à niveau des encrages, relations avec les propriétaires, aménagements.

Y a-t-il une hausse de la fréquentation dans la région ? « Oui, confirme Isabelle Losier, les Québécois ont besoin de sortir et on voit ce phénomène dans toutes les activités de plein air. C’est pourquoi le comportement éthique devient plus important : il faut plus que jamais respecter les riverains et les autres usagers, rapporter ses déchets, stationner aux endroits désignés, suivre les consignes et acquitter les droits d’accès. »

Sites et écoles d’escalade

Sites : Lac-Supérieur (Parc d’escalade Julien- Labedan); La Conception (Montagne d’argent) ; Sainte-Adèle (Mont Baldy) ; Val-David/Val-Morin (Centre de ski Belle Neige et parc régional) ; Amherst (Paroi Kanata-Tremblant) ; Weir (Mont Larose) ; La Macaza (Paroi du lac Boisseau).

Écoles : Centre d’activités Mont-Tremblant ; Liberté Nord-Sud ; Passe-Montagne ; Attitude Montagne.

 

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Daniel Gauvreau

 

Daniel Gauvreau12 Posts

Récréologue et journaliste de formation, tour à tour organisateur, formateur, consultant, chroniqueur et traducteur dans le milieu du plein air, Daniel Gauvreau est passionné d’activité physique en extérieur. De retour d’un périple au Québec et en France, il a choisi les Hautes-Laurentides pour satisfaire son amour de la nature. Semi-retraité, moniteur de ski de fond à SFMT, son expérience profite désormais aux lecteurs de Tremblant Express. Recreation professional and journalist by education, organizer, trainer, consultant, columnist and translator about the outdoors by experience, Daniel Gavreau is passionate about physical activity outside. Following a trip through Québec and France, he chose the Hautes-Laurentides as the place to satisfy his love of nature. Semi-retired and teaching cross-country skiing with SFMT, he now offers his experience to Tremblant Express readers.

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