Ces guêpes mal aimées

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Les insectes jaune et noir ne sont pas tous équivalents. Vous avez raison de vous méfier des guêpes et des frelons dont le dard lisse peut frapper plusieurs fois sans se détacher de l’abdomen. Les abeilles sont beaucoup moins agressives. Elles n’attaquent qu’en dernier recours puisque leur dard couvert de micro-crochets reste dans la peau et se détache lorsque l’insecte vous pique, le condamnant à une mort certaine.

Parmi les diverses espèces de guêpes, certaines sont solitaires, d’autres vivent en colonies. Elles nichent dans des cavités du sol, construisent des nids de boue ou des sphères de papier gris accrochées à la branche d’un arbre ou au pignon d’une maison. Contrairement à la croyance, il n’y a aucun lien entre la hauteur du nid des guêpes à papier et la rigueur de l’hiver à venir. De toute manière, la guêpe abandonne ce nid l’automne venu.

Les guêpes sont de redoutables prédateurs. Elles s’attaquent aux mouches, chenilles et araignées et contribuent au contrôle des insectes déprédateurs des cultures et des potagers. Plusieurs espèces de guêpes solitaires sont élevées et relâchées dans les plantations à cette fin. Les guêpes butinent aussi les fleurs et contribuent à leur pollinisation. Elles raffolent des aliments sucrés et bien gras, ce qui explique leur insistance à vouloir partager nos repas en plein air.

Œufs, larves et guêpes adultes sont à leur tour appréciés par de nombreux oiseaux insectivores, petits mammifères et même l’ours noir qui n’hésitera pas à éventrer un arbre mort ou déterrer un nid pour s’en nourrir.

La prévention est la meilleure façon d’éviter les problèmes de cohabitation avec ces insectes piqueurs. Inspectez régulièrement votre propriété ; détruire un nid en construction est plus simple que de défaire un nid bien établi. Utilisez des pièges appâtés avec des aliments gras plutôt qu’un liquide sucré, pour éviter d’attraper des abeilles.

Ne recourez aux insecticides qu’en dernier ressort en suivant rigoureusement le mode d’emploi pour ne pas nuire aux insectes « utiles ». En cas de réaction allergique aux piqures, consultez rapidement un médecin et consolez-vous en songeant aux services écologiques que nous rendent ces insectes mal aimés.

 

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Jacques Prescott

 

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Jacques Prescott est biologiste, professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi. Spécialiste de la biodiversité et du développement durable, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur la faune et la conservation de la nature. Il nous fait l’honneur de rejoindre notre équipe de collaborateurs et signera chaque mois une chronique intitulée Faune et flore. / Jacques Prescott is a biologist, associate professor with the Chair in Eco-Counselling of the Université du Québec à Chicoutimi. A specialist in biodiversity and sustainable development, he is the author of numerous books and articles about wildlife and nature conservation. He has honoured us by joining our team of contributors and will write a monthly column entitled Wildlife and Habitat.

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