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Quel avenir pour nos églises ?

Guillaume Vincent

Publié le:

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Le nombre d’églises dont la vocation demeure incertaine ne cesse d’augmenter dans la province. Selon le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), cette tendance s’intensifie depuis les années 1990 et devrait s’accentuer au cours des prochaines années. Que réserve l’avenir pour notre patrimoine religieux ?

Afin de faire la lumière sur cette situation, qui touche 33 églises sur son territoire et plus de 170 dans les Laurentides, la MRC des Laurentides a chapeauté, le 24 novembre, un premier Forum sur l’avenir de ces édifices religieux à l’église du Village de Mont-Tremblant. Le choix de ce charmant bâtiment est loin d’être anodin. Ancien lieu de culte reconverti par la municipalité en salle communautaire et culturelle, l’église du Village est devenue un exemple concret de réutilisation à des fins de conservation. En plus d’assurer le maintien de certains services au sein de la communauté, elle réunit cette dernière autour d’un projet rassembleur qui sait bénéficier de la valeur ajoutée de l’édifice.

L’achat par les municipalités serait à privilégier
Bien que l’ensemble du Québec soit touché, le phénomène varie selon les régions. À Montréal, la majorité des églises sont vendues à d’autres cultes qui en viennent à assumer l’entretien de l’édifice tout en conservant la vocation originale du lieu. En région, étant donné les couts d’entretien élevés et la volonté des citoyens de recouvrer une part de leur histoire, la municipalité constitue bien souvent l’unique acheteur potentiel.

C’est d’ailleurs une des orientations que privilégient les autorités religieuses. Une entente a été signée en ce sens entre l’évêque du diocèse de Mont-Laurier et le ministère de la Culture, stipulant que la vente des églises doit d’abord être offerte aux municipalités, sinon à des organismes communautaires, avant de se tourner vers le privé. Cela permettrait notamment de favoriser l’émergence de salles multifonctionnelles pour une utilisation plus collaborative des locaux.

« Nos châteaux sont nos églises », Mgr Paul Lortie
« Nous avons pu constater, à l’échelle de tout le Québec, que l’Église a joué un rôle positif et apprécié lors des grandes catastrophes de Lac-Mégantic et de L’Isle-Verte. […]. Les collaborations entre l’Église et l’État ont révélé que nous étions plus unis et plus forts […] en pareilles circonstances […]. Cette solidarité exemplaire et évangélique manifeste bien qu’au quotidien, il ne faut pas chercher à exclure la foi de la sphère publique et la cantonner au domaine privé en éliminant la tenue d’offices religieux sous prétexte de laïcité faussement ouverte », a fait valoir Mgr Lortie, évêque de Mont-Laurier, lors de sa conférence au forum du 24 novembre. 

Mgr Lortie a également rappelé que le patrimoine culturel du Québec, incluant le patrimoine religieux, est au cœur même du développement du peuple et représente un important héritage de notre histoire. « En le protégeant, en le mettant en évidence et en le développant, nous devenons tous et toutes des artisans et des artisanes du respect et de la richesse de la devise du Québec Je me souviens », a-t-il ajouté.

Depuis 2007, dans le diocèse de Mont-Laurier, sept églises ont été cédées à des municipalités et quatre autres à des organismes communautaires. Cinq églises ont quant à elles été vendues au privé. Cinq églises fermées sont toujours en attente d’une vocation.

www.dioceseml.com. www.patrimoine-religieux.qc.ca