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L'expérience du ski transformée : de la semaine de ski aux journées ski

André Courey

Publié le:

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Il fut un temps où une semaine de ski représentait les vacances de ski par excellence : sept jours complets de ski sur les pentes et activités sociales à l'hôtel. Le forfait ski d’une semaine – six ou sept jours consécutifs de ski, incluant les billets d’accès aux remontées mécaniques, les leçons et les repas – constituait une expérience exhaustive, laquelle a grandement contribué à transformer la culture de la pratique du ski. C’était une activité sociale d'une semaine au cours de laquelle les gens, qui séjournaient tous au même hôtel, se rassemblaient à la salle à manger, au bar et autour du foyer, autant que sur les pentes. Fidèle compagnon, un moniteur de ski les accompagnait partout et partageait le sentiment de camaraderie qui régnait. Pierre Lachance, propriétaire du gîte Le Lupin, raconte : « Les moniteurs de ski étaient toujours avec les invités, sur les pentes, à la table de la salle à manger, au bar et devant le foyer. » Ayant lui-même été moniteur de ski à l’époque, il a participé à ces semaines de ski au Cuttle's Club Tremblant dont le nom a plus tard été changé pour Hôtel du Lac. Pierre ajoute : « Les vacances de ski ont bien changé depuis. »

Effectivement. La semaine de ski n'est plus ce qu'elle était, et cela est dû à l'apparition des 'condotels' de style appartements à quoi l’on attribue, du moins en partie, la transformation de la culture de la pratique du ski.

C’est Réal Charrette, le directeur de l'école de ski Snow Eagles de l’hôtel Gray Rocks, qui a inventé le concept de la semaine de ski en 1951 une fois le sport devenu à la mode dans les Laurentides, lesquelles sont considérées comme le berceau du ski en Amérique du Nord. D'autres hôtels de Tremblant – The Inn, Club Tremblant, Le Pinoteau, Chalets Des Chutes, Villa Bellevue – emboîtèrent le pas et peu de temps après, les hôtels des stations de ski au Canada et aux États-Unis faisaient la promotion de leurs propres semaines de ski. En 1951, la plupart des gens dans l'industrie du ski n’avaient pas la moindre idée des répercussions qu’aurait la semaine de ski. L'idée de Réal Charette n'avait été rien de moins qu'un catalyseur pour la valorisation du ski, caractérisée par une solide camaraderie et une touche d'exclusivité qui a attiré les skieurs pendant près de cinq décennies. À l’aube des années 1990, la popularité de la semaine de ski avait diminué et on ne l’offrait uniquement que dans quelques anciens hôtels tels que Gray Rocks et l'Hôtel du Lac. Le condotel remplaçait désormais l'hôtel traditionnel, changeant le style des vacances de ski.

Les condotels sont devenus les principaux lieux d'hébergement à Tremblant peu de temps après que l'ancien et traditionnel centre de villégiature ait été vendu à Intrawest en 1991 et transformé en une station moderne. Les clients n'étaient plus logés dans des hôtels offrant tous les services mais plutôt dispersés dans des condotels. Ils montraient moins d'intérêt pour les forfaits de six ou sept jours, préférant plutôt l’accès de deux ou trois jours aux remontées et les forfaits ski-leçon, souvent offerts avec la location d'équipement, et autres activités. Pierre Lachance et le directeur de l'École sur neige Tremblant, Donald Lacasse, soulignent : « Les familles mangent au condo ou vont au restaurant. Les membres des familles skient en groupes séparés et s’ils ont pris un forfait de ski, ils se rejoignent sur les pentes, dans les cours de ski, et non à l'hôtel. » Donald ajoute : « La semaine de ski n’existe plus; elle a été remplacée par des forfaits de deux ou trois jours. Les forfaits les plus longs, de quatre jours, sont pratiquement seulement offerts pendant la période des fêtes. »

Le développement a profondément changé l'expérience du ski au cours des trois dernières décennies. Elle est tout aussi différente qu'un séjour dans un condotel est différent d'un séjour dans les hôtels traditionnels d’hier. Les attentes aussi sont différentes. Les vacanciers semblent s'intéresser davantage à la diversité des activités (et pas seulement au ski alpin) qu’à la camaraderie autour du foyer. Les centres de villégiature, Tremblant en particulier, ont répondu à la demande en offrant la plus large panoplie possible d’activités : ski de fond, raquette, patinage, traîneau à chiens, luge, circuits en motoneige et quad, boutiques, restaurants, spas et plus encore. Pierre Lachance dit de Tremblant : « Nous avons ce que les clients veulent. Nous sommes internationaux, accueillants, actifs. Et nous sommes à la hauteur; nous offrons aux clients ce à quoi ils s’attendent. Le ski, oui, mais nous proposons aussi beaucoup d'autres activités. »

Les vacances de ski, pour bien des gens, vont bien au-delà de ce qu’elles étaient. Il est intéressant de noter que le ski, soit sa dénomination, est devenu un sous-titre de ‘glisse sur neige’, une nomenclature révisée qui souligne la popularité grandissante et l'importance de la planche à neige (et qui vise également à éviter de donner l'impression que l’on accorde aux planchistes un statut inférieur!) De nos jours, la ‘glisse sur neige’ est en train de se transformer de nouveau pour devenir comme une sorte de terme générique qui inclut presque tous les sports que l’on pratique en glissant sur la neige. Ainsi, l'expérience du ski est devenue l'expérience de la neige, une évolution de la singulière culture de la pratique du ski d'hier vers quelque chose de plus élargi... et accueilli favorablement à Tremblant. Et il n'y a pas de façon plus typique de découvrir le Canada et le Québec!

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